Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski

Gagner_la_guerre

Quatrième de couverture :

Au bout de dix heures de combat, quand j’ai vu la flotte du Chah flamber d’’un bout à l’autre de l’’horizon, je me suis dit : « Benvenuto, mon fagot, t’’as encore tiré tes os d’’un rude merdier. »
Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d’’écraser les escadres du Sublime Souverain de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passé. Je me gourais sévère.
Gagner une guerre, c’’est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d’’orgueil et d’’ambition, le coup de grâce infligé à l’’ennemi n’’est qu’’un amuse-gueule. C’est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l’’art militaire.
Désormais, pour rafler le pactole, c’’est au sein de la famille qu’’on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c’’est plutôt mon rayon….

Editions Folio SF

Nombre de pages : 992

Prix : 12.50€

Mon Avis :

Quel roman, mais quel chef d’oeuvre! Les Anglais ont Tolkien, les Américains ont Martin et nous avons Jaworski. Vous trouvez que j’exagère? Attendez avant de passer votre chemin, j’ai des arguments!

En résumé, chose peu banale, en littérature, nous sommes du côté des méchants! En effet, nous nous trouvons au coeur du Vieux Royaume dans la République de Ciudalia, en proie à un conflit avec le royaume voisin de Ressine. Le personnage principal n’est autre qu’un membre de la guilde des Chuchoteurs, un assassin professionnel du nom de Benvenuto Gesufal. Ce dernier est à la solde d’un des deux podestats de Ciudalia, l’ambitieux, Leonide Ducadore et se retrouve mêler aux intrigues politiques de sa cité, notamment lorsque son patron lui réclame de faire du ménage parmi ses concurrents!
C’est sûr, lorsque l’on voit le gros pavé en tête de gondole de la librairie, ça ne donne pas forcément envie du premier coup d’oeil. En effet, il faut se les farcir les 980 pages et je pense que cela pourrait rebuter les moins courageux d’entre nous! Mais, dès que l’on se plonge dedans, on est tellement happé par l’histoire, qu’en fin de compte, on arrive très vite à la fin.

Au niveau du style d’écriture, je dois dire que c’est extrêmement bien écrit : c’est fin, raffiné, précis! Un vrai travail d’historiens : j’avais même l’impression de lire un ouvrage d’histoire sur le clan des Médicis de Jacques Heers ou un récit d’un contemporain de la Renaissance Italienne comme Vasari ou Machiavel. D’ailleurs, dans sa topographie, la ville de Ciudalia s’apparente pour moi à Venise et dans son gouvernement et son organisation sociale, plutôt à la ville de Florence. La concurrence entre les grandes familles ciudaliennes m’ont fait penser aussi à celle des Médicis et des Pazzi. Quant au Podestat, c’était plutôt un mélange entre l’empereur Auguste qui a mis fin à la République Romaine au Ier siècle avant J.-C et Cosme l’Ancien, le fondateur de la famille Médicis qui a vécu au XVème siècle, à Florence.

Le style d’écriture est également drôle et intelligent surtout lorsqu’il adopte le point de vue de Benvenuto Gesufal : d’habitude, je ne suis pas très fan du point de vue interne. Je préfère le point de vue omniscient. Mais, pour ce coup-là, c’est très réussi. Le personnage de Benvenuto est tellement truculent – même s’il reste un parfait enfoiré (si, si!) – on ne peut s’empêcher de le prendre en sympathie et d’avoir presqu’envie qu’il s’en sorte! J’ai également beaucoup apprécié le personnage de Leonide Ducatore, il est certes ambitieux et machiavélique mais il est rusé, fin politique et très charismatique. Néanmoins, il reste aussi peu recommandable!

Au niveau de l’intrigue, on ne s’ennuye jamais. Il y a de nombreux rebondissements : les seuls temps morts, qui m’ont agacés, se situent lors du séjour de Benvenuto à Bourg Preux. Sa rencontre avec des elfes ne m’a d’ailleurs pas paru vraiment nécessaire. Je pense qu’il y avait assez d’éléments de fantasy pour ne pas les rajouter. Enfin, pour moi, ce qui fait la force du roman, c’est le réalisme. Il n’y a aucun manichéisme : c’est violent, vicieux, sale, corruptible et cru. Les bons sentiments et l’idéalisme sont mis de côté ; les relents de la Nature Humaine exacerbés! C’est une vraie réussite!

En conclusion, un des meilleurs romans de fantasy que j’ai lu jusqu’à aujourd’hui. Je le place même dans mon Top 3 après le Seigneur des Anneaux et le Trône de fer. Je ne manquerai d’ailleurs pas de me faire gourou et de convertir mes proches à la lecture de ce livre! Quant au reste de la bibliographie de Jaworski, je compte bien attaquer prochainement Janua Vera! Alors, convaincu d’ouvrir ce pavé?

Note 5/5♥

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3 réflexions sur “Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski

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