La voie des oracles (T.1) : Thya d’Estelle Faye

La voie des oracles_une

Quatrième de couverture :

La Gaule, au début du cinquième siècle après Jésus-Christ.
Cerné par les barbares, minés par les intrigues internes et les jeux malsains du pouvoir, l’Empire romain, devenu chrétien depuis peu, décline lentement.
Dans une villa d’Aquitania, perdue au milieu des forêts, vit Thya, seize ans, fille du général romain Gnaeus Sertor. À cinq ans, elle a manifesté pour la première fois des dons de devin. Mais dans l’Empire chrétien, il ne fait plus bon être oracle, et à cause de ce secret qu’elle doit garder, Thya est devenue une adolescente solitaire, à l’avenir incertain.
Lors d’une des visites en Aquitania, Gnaeus tombe sous les coups d’assassins à la solde de son fils Aedon qui souhaite s’emparer de son siège au sénat. Il est ramené à la villa entre la vie et la mort et Thya cherche dans ses visions un moyen de le sauver. Son don lui permet d’apercevoir la forteresse de Brog, dans les montagnes du nord, là où, autrefois, Gnaeus a obtenu sa plus grande victoire contre les Vandales. Elle comprend alors qu’elle doit s’y rendre et s’enfuit dans la nuit.

Sa route sera pavée de rencontres, Enoch, un jeune et séduisant barbare, ou encore un faune, un être surnaturel issu du monde païen, et Thya va évoluer et découvrir un monde en mutation qui n’est pas exactement celui que lui décrivait son père….

Editeur : Scrineo

Nombre de pages : 336

Prix : 16.90€

Mon Avis :

J’avais entendu tellement de bien d’Estelle FAYE que je me suis lancée dans son roman Young Adult La voie des oracles et qui a reçu récemment le Prix Jeunesse Elbakin 2015.

Ce livre conte les mésaventures de Thya jeune patricienne de quinze ans, au Vème siècle après J.-C. Cette dernière doit fuir sa maison d’Aquitania (Aquitaine), après la tentative de meurtre de son père Gnaeus Sertor, fomenté par son propre fils Aedon. En cours de route, elle croise Enoch, jeune maquilleur et Mettius, ancien soldat de son père qui l’accompagnent jusqu’à Brog, au coeur du Monte Vesugo (Massif des Vosges). Elle possède également des dons d’oracle et bénéficie de la protection des anciennes divinités païennes.

Difficile pour moi de ne pas penser à la trilogie d’Azilis de Valérie GUINOT, lu il y a une dizaine d’années. En effet, le postulat de départ est le même : Azilis et Thya ont sensiblement le même âge, toutes deux patriciennes, possèdent un don occulte, doivent fuir leur maison, pourchassées par leur frère respectif et rencontrent en chemin un jeune homme qui va les aider (un barde pour Azilis et un maquilleur pour Thya). Si la première s’échappe en Britania (Angleterre actuelle), la seconde trouve temporairement refuge au Monte Vesugo où son père, général romain, a triomphé des Vandales, vingt ans auparavant. Certes, la comparaison s’arrête avec la destination divergente des deux jeunes filles. Mais, dès le départ, la sensation de déjà-vu m’a, je dois le dire, handicapé et empêché de m’immerger complètement dans le roman.

Ensuite, les reproches que j’aurais à faire se situeraient au niveau scénaristique : en effet, je n’ai pas vraiment compris où l’auteur voulait en venir avec la prophétie sur l’oracle, ni en quoi le fait de partir à Brog, pour Thya, pourrait sauver son père. Néanmoins, il est possible que cela nous soit révélé dans le second tome. Estelle FAYE utilise aussi des raccourcis qui me semblent un peu faciles pour ses rebondissements : en effet, au moment où nos héros se retrouvent coincés, un dieu païen ressemblant à Janus, sorti d’on ne sait où, les catapultent d’un coup d’Aquitaine à Paris…

Enfin, quelques inexactitudes historiques m’ont un peu gêné. Certains vont me dire que je chipote sachant qu’il ne s’agit pas d’un roman historique mais d’un livre fantastique jeunesse. Je suis tout à fait d’accord : je pense que c’est la raison pour laquelle l’auteur n’a pas traduit, au moyen d’une note de bas de page, les nombreux toponymes latins comme Burdigala (Bordeaux), Varatedo (Vayres) ou Andemantunnum (Langres). C’est une manière d’immerger complètement son lecteur dans son univers et apparenter ce dernier à de la Fantasy. Il est probable aussi que l’auteur a fait plusieurs recherches aussi sur l’Empire Romain tardif, cela se ressent. Néanmoins, j’ai relevé quelques petites inexactitudes comme l’emploi du lisses au lieu du limes (frontière), le proconsul qui habite une insula (immeuble) au lieu d’une villa (maison) ou le traitement trop médiéval, voire moderne de la sorcellerie. Effectivement, la condamnation au bûcher a existé dès l’Antiquité mais pas systématisé pour lutter contre la sorcellerie.

J’ai tout à fait conscience que ma note 3/5 est un peu sévère. En effet, je ne fais pas partie du lectorat visé : il est plus que probable que si j’avais lu ce roman à vingt ans, j’aurais beaucoup plus apprécié. J’ai trouvé l’histoire un peu trop gentillette, à l’image de la Maîtresse de guerre de Gabriel KATZ. Néanmoins, le style d’écriture de l’auteur est très intéressant et maîtrisé. Hormis les quelques écueils scénaristiques cités plus haut, l’histoire possède son propre rythme et m’a donné envie de poursuivre avec le second tome.

Note 3/5

 

 

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