Les contes de Perrault sur le divan de Pierre Sultan

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Quatrième de couverture :

Si Bruno Bettelheim a le mérite de publier en 1976 une  » Psychanalyse des contes de fées « , son étude privilégie les récits des frères Grimm au détriment de ceux de Perrault. Par ailleurs, se centrant uniquement sur le héros, le psychanalyste américain envisage ces fictions littéraires comme l’illustration exclusive de fantasmes infantiles. Délaissés, considérés à tort comme secondaires, les nombreux adultes qui peuplent ces contes représentent pourtant le contexte qui entoure l’enfant. Comme dans la réalité, celui-ci est indissociable de son environnement, auquel il ne peut échapper. Interroger alors les comportements, les pensées, le fonctionnement psychique de ces adultes en place de parents, de tuteurs ou de prédateurs, apporte de nouvelles clefs dans la compréhension du développement, des mésaventures ou du devenir de l’enfant-héros. Loin de se résumer à d’inoffensives histoires, ces récits dévoilent ainsi leur vraie nature. Ils éclairent les méandres de l’âme humaine, laissant alors supposer que ces  » contes de fées  » ne sont sans doute pas à laisser entre toutes les mains…

Editeur : Riveneuve

Nombre de pages : 235

Prix : 20.00€

Mon Avis :

Passionnée depuis toute petite par les contes de fées, j’avais l’impression d’avoir fait le tour de la question. Quand il y a quelques années, j’avais trouvé dans une brocante Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim, je m’étais dit que ce serait l’occasion d’avoir un oeil neuf sur ce genre littéraire. Malheureusement, je n’ai pas encore eu l’occasion d’ouvrir ce livre de référence. Il a donc fallu attendre que Babelio organise un Masse critique et propose ce livre Les contes de Perrault sur le divan pour qu’enfin, je me lance sur le sujet!

Dans son ouvrage, Pierre Sultan nous propose d’étudier sept contes de Perrault (son chiffre fétiche!) que sont Le Petit Chaperon Rouge, La Belle au Bois Dormant, Peau d’Ane, Cendrillon, La Barbe Bleue, Le Petit Poucet et le Chat Botté. Après un rapide résumé du Conte, il débute son analyse en s’attaquant à la psychologie des personnages secondaires, souvent représentés par les parents du héros/héroïne ou parents de substitution (marraine ou figure paternel). Il justifie ce choix par le fait que les personnages principaux ont davantage été étudiés et que se concentrer sur les personnages secondaires pourrait apporter un regard nouveau sur la psychologie des Contes de Fées. Il complète son analyse par des analogies aux Contes comme des personnages historiques (Catherine de Médicis pour La Belle au Bois Dormant ou Gille de Rais pour La Barbe Bleue), des œuvres littéraires (La Princesse de Clèves pour Cendrillon), des références mythologiques (le cyclope de l’Odyssée pour Le Petit Poucet) ou des références artistiques (Film de Peau d’Ane ou Peinture de Goya). Enfin, l’auteur nous propose en fin d’ouvrage une bibliographie très exhaustive si l’on souhaite approfondir le sujet auprès de ses confrères.

Le résultat de cette analyse est pour moi très étonnant mais cela doit venir du fait que je n’ai que peu de culture en psychologie. Comme l’a dit précédemment Rickiss, il n’est pas toujours évident d’aborder cet ouvrage surtout lorsque l’auteur se lance dans des analyses avec des termes techniques. Néanmoins, un rapide coup d’oeil dans Wikipédia permet de pallier au problème! Pour en revenir aux conclusions de l’auteur, certains thèmes comme l’inceste (le père qui veut épouser sa fille dans Peau d’Ane) ou l’anthropophagie (l’ogre qui veut manger le Petit Poucet et ses frères) sont limpides. Mais d’autres comme le narcissisme (La mère de Peau d’Ane), le sadisme (la belle-mère de Cendrillon) ou le masochisme (servage intentionnel de Cendrillon) sont plus insidieux et difficiles à décrypter. Quant à l’analyse de la relation mère/grand-mère/loup avec le petit Chaperon Rouge, il apporte un oeil neuf sur le conte : quand Bruno Bettelheim parle d’un loup comme prédateur sexuel, Pierre Sultan le voit davantage comme une relation exclusive trop étouffante entre la mère et l’enfant. Pourquoi pas?

En conclusion, la vocation première de cette lecture était pour moi d’avoir un regard neuf sur les contes de fées : pari réussi! Certes, ils sont violents et mettent en scène des relations au sein de la cellule familiale peu favorables au développement du héros/héroïne. N’oublions pas non plus qu’au départ ce genre littéraire n’était pas destiné aux enfants!
Il est vrai qu’avec ces nouvelles clés de lecture, je ne les verrai plus de la même manière. Mais, de là, à ne plus en offrir à ma filleule en plein apprentissage de la lecture, non! Après tout des générations d’enfants (moi la première!) ont lu et apprécié ces contes et je n’ai pas été traumatisée pour autant! Au contraire, je continue aujourd’hui à prolonger le plaisir avec des contes de fées pour adultes : la Fantasy!
Je remercie Babelio et Riveneuve éditions de m’avoir fait découvrir cet ouvrage intéressant.

Note 4/5

 

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