Royaume de vent et colères de Jean-Laurent Del Socorro

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Quatrième de couverture :

Deux ans avant l’édit de Nantes qui met fin aux guerres de Religion, Marseille la catholique s’oppose à Henri IV, l’ancien protestant. Une rébellion, une indépendance que ne peut tolérer le roi. A La Roue de Fortune se croisent des passés que l’on cherche à fuir et des avenirs incertains : un chevalier usé et reconverti, une vieille femme qui dirige la guilde des assassins, un couple de magiciens amoureux et en fuite, et la patronne, ancienne mercenaire qui s’essaie à un métier sans arme. Les pions sont en place. Le mistral se lève. La pièce peut commencer.

Editeur : ActuSF

Nombre de pages : 280

Prix : 18.00€

Mon Avis :

J’avais l’intention d’acheter le Royaume de vent et de colères (ou de l’emprunter à la bibliothèque) dans quelques mois. Mais, cela c’était avant que ma librairie préférée n’organise en son sein, une rencontre dédicace avec plusieurs auteurs de roman Fantasy dont Jean-Laurent Del Socorro, le 9 mars prochain! J’ai donc profité de ce dimanche après-midi morose pour lire ce roman d’une traite!

Avant de débuter ma lecture, j’avoue avoir été un peu irritée par la préface signée par Ugo Bellagamba. Certes, ce dernier a beaucoup apprécié le premier roman de l’auteur et le fait savoir ; mais le placer au début incite inconsciemment le lecteur à « devoir » aimer le roman. Pour ma part, je préfère me faire ma propre opinion et je n’apprécie pas que l’on me mette la pression. C’est peut-être un peu maladroit de la part de l’éditeur ActuSF mais, je pense qu’il aurait peut-être été plus judicieux de mettre ce texte en fin de roman afin de laisser « respirer » son lecteur.

Hormis cet écueil qui n’est pas du fait de l’auteur, j’ai beaucoup apprécié ce roman. Il s’agit d’une uchronie minimaliste, dans le sens, où elle ne change pas le cours de l’Histoire avec un grand H, uniquement, dans le cadre local, à Marseille. Le roman s’inscrit dans la deuxième partie du XVIème siècle français, au moment où les Guerres de religion entre Catholiques et Protestants font rage et déstabilisent le pouvoir royal. Il s’agit également d’un roman choral (genre littéraire que j’affectionne énormément depuis le Trône de fer de Martin) qui fait intervenir cinq personnages : Victoire, maîtresse de la Guilde des Assassins, Axelle, propriétaire d’une auberge et ancienne mercenaire, Gabriel, un chevalier, Armand, Artbonnier (sorte de moine-magicien) et Silas, assassin d’origine turque.

Ce que j’ai le plus apprécié dans la lecture de ce roman, c’est le grand dynamisme qui s’en dégage. En effet, il est divisé en trois grandes parties : la première fait un état des lieux au « présent », en 1596, puis la seconde nous éclaire sur le passé des personnages par des flashbacks, lorsque la dernière revient en 1596 pour achever le récit. Chaque chapitre, donnant le point de vue des cinq personnages, est court (à peine deux-trois pages). Au tout début, j’ai été très surprise par ce découpage, craignant que le roman ne soit pas assez fouillé et reste trop superficiel. Puis, au fil de ma lecture, je m’y suis faite, laissant les pages défiler et me donnant envie de poursuivre sans m’arrêter.

Le Royaume de vent et de colères est un premier roman de Jean-Laurent Del Socorro très maîtrisé et très intéressant. Il mérite largement son Prix Elbakin 2015. De plus, il s’agit du deuxième roman des éditions ActusSF que je lis en une semaine et d’une deuxième bonne surprise. Je vais donc surveiller de très près l’actualité de l’auteur et de sa maison d’éditions.

Note 4/5

Dans le royaume de France, on imagine plus facilement un musulman en terroriste fanatique qu’un catholique, aussi intégriste soit-il. (p.85)

C’est d’un ridicule! C’est comme si je disais que notre bon pape était en réalité le chef d’une secte de riches commerçants et de familles de nobliaux qui s’élisent cardinaux entre eux pour manipuler les Rois d’Europe depuis le Vatican.(p.85)

La Guilde est embauchée pour assassiner un général espagnol, un baron catholique, un pasteur protestant et un capitaine savoyard. La mort est œcuménique et polyglotte. Marseille reste indépendante dans le sang et la trahison. (p. 170)

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