10 jours dans un asile de Nellie Bly

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Quatrième de couverture : 

Engagée en 1887 au journal New York World du célèbre Joseph Pulitzer, Nellie Bly se voit confier une mission pour le moins singulière : se faire passer pour folle et intégrer un asile, le Blackwell’s Island Hopital à New York. Intrépide, courageuse et soucieuse de dénoncer les conditions de vie des laissées-pour-compte, elle accepte le défi et endosse le rôle. Elles reste dix jours dans l’établissement et en tire un brûlot. D’abord publié en feuilleton, ce reportage undercover met en lumière les conditions épouvantables d’internement des patientes ainsi que les méthodes criminelles du personnel. L’œuvre de Nellie Bly, jusqu’alors inédite en France, marque la journalisme dit « infiltré » et préfigure les luttes pour l’émancipation des femmes.

Editeur : Éditions du sous-sol

Nombre de pages : 128

Prix : 14,00€

Mon Avis : 

Avec Dixie39, on se disait que ce serait sympa de se faire une lecture commune. Quand elle a vu que j’avais lu Le tour du monde en 72 jours de Nellie Bly, notre choix s’est automatiquement porté sur un autre ouvrage de la journaliste : 10 jours dans un asile.
Je disais donc que le mois dernier, j’ai eu l’occasion de connaître Nellie Bly au travers de son périple, à savoir battre le tour du monde de Phileas Fogg, en moins de 80 jours, en 1889. Mais, lorsque la jeune femme se lança dans ce défi, elle n’en était pas à son premier coup d’essai. En effet, deux ans auparavant, son rédacteur en chef, un certain Joseph Pullitzer, lui confia la mission de se faire passer pour folle afin d’intégrer pendant une semaine, un asile psychiatrique de New York. Le but de ce journalisme d’investigation? Dénoncer les conditions effroyables de détention des malades souffrant de symptômes psychiques ainsi que les méthodes douteuses du corps médical.

IMG_0387Au final, elle restera une dizaine de jours dans l’asile d’aliénées de Blackwell’s Island. Elle sera ainsi témoin des conditions effroyables de détention des aliénées : le froid, la piètre nourriture, les insultes, brimades et humiliations des infirmières, le manque d’activité des pensionnaires qui sombrent véritablement dans la folie, sont leur lot quotidien.

« Mise à part la torture, quel autre traitement vous conduirait plus vite à la folie? Ces femmes sont envoyées dans cet endroit afin d’être guéries. Je conseille à ces mêmes experts qui m’ont envoyées à l’asile – une décision qui a prouvé leur valeur – d’enfermer n’importe quelle femme en bonne santé et saine d’esprit, de la forcer à rester assise sur des bancs à dossier droit de six heures du matin à huit heures du soir, de la priver de lecture et d’accès au monde extérieur, de lui donner pour toute récompense des coups et une nourriture infecte, et de voir combien de temps cela prendra pour qu’elle devienne folle. Deux mois de ces mauvais traitements suffiraient à la transformer en loque humaine. » (P. 76)

Et le pire dans tout cela, c’est que Nellie Bly se rend compte que parmi elles, beaucoup ne sont en vérité pas folles mais victimes d’infortune : l’une y a été envoyée par son mari parce qu’elle l’avait trompé, une autre parce qu’elle était trop pauvre ou une dernière parce qu’elle s’était rebellée contre une humiliation lorsqu’elle travaillait comme cuisinière.

« J’ai toujours clamé aux médecins que j’étais lucide et exigé d’être libérée. Mais, plus je me comportais comme une personne normale, plus ils étaient convaincus de ma folie. » (P. 95)

Dès lors, la rédaction de son article aura l’effet d’une bombe : non seulement, la ville de New York va affecter un million de dollars aux hôpitaux psychiatriques de Blackwell’s Island mais les établissements connaîtront également une réforme en profondeur. Comme dans le Tour du monde en 72 jours, j’ai retrouvé la plume agréable et simple de Nellie Bly, une idéaliste qui a eu à coeur de rendre justice. Elle s’est révélée être une nouvelle fois attachante et sympathique.

Dans ce livre témoignage, se trouvent également deux autres enquêtes de la jeune journaliste :
– Dans le premier, elle a intégré le milieu des domestiques en recherche d’emploi. Sans références, elle est obligée de passer par les bureaux de placement qui se faisaient les intermédiaires entre les jeunes femmes recherchant un travail et des employeurs à la recherche de domestiques sérieuses. Nellie Bly dénonce les dérives abusifs de ces bureaux de placement car non seulement ils demandent de l’argent aux jeunes femmes en recherche d’emploi sans leur garantir une place mais trompent aussi les employeurs sur les qualifications des futures domestiques.
– Dans le second, elle a intégré le milieu des ouvrières peu qualifiés dans des usines : elles dénoncent ainsi leur bas salaire, l’abus des employeurs de ne les payer qu’à la troisième semaine et leurs conditions de travail difficiles.

En conclusion, tout comme le Tour du monde en 72 jours, 10 jours dans un asile est un livre témoignage qui vaut le coup d’être lu, sinon d’être connu. Le film Ten days in a madhouse est d’ailleurs sorti l’année dernière de Thimothy Hines avec Christophe Lambert dans le rôle du Docteur Dent et Caroline Barry dans celui de Nelly Bly. Cela me tenterait bien de le voir.

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Note 5/5♥

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10 réflexions sur “10 jours dans un asile de Nellie Bly

  1. Ce livre m intéresse fortement. Les conditions de la femme a l époque font qu’ en effet parfois elles étaient envoyées la bas par leur mari par soi disant hystérie ou pour s en débarrasser. Et les traitement sont honteux. On en faisait des loques avec les tortures infligés électrochocs etc. A lire

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