Pline, T.1 de Mari Yamazaki et Tori Maki

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Quatrième de couverture :

Pline l’Ancien, de son vrai nom Gaius Plinius Secundus, est né en l’an 23 et mort en l’an 79 de notre ère. II est le plus grand naturaliste de l’Histoire. Il incarne à lui seul l’âme romaine, qui prise l’ouverture, l’érudition et l’action. Son insatiable curiosité a guidé l’écriture de son Histoire naturelle, véritable traité de l’univers connu, abordant aussi bien l’astronomie que la géographie, la zoologie, la botanique ou encore l’art pictural et la sculpture.
Considérée comme « l’encyclopédie parmi les encyclopédies », l’Histoire naturelle a exercé une influence considérable sur les savants qui ont vécu après Pline.

Editeur : Casterman

Nombre de pages : 192

Prix : 8,45€

Mon Avis :

J’ai connu ce manga grâce à Alfaric que je remercie au passage et je me suis précipitée dessus dans ma librairie habituelle. Pourtant, j’avais quelques craintes :
– En effet, l’auteure était aussi aux commandes d’un autre manga, se déroulant à l’époque romaine, Thermae Romae. J’avais lu les deux premiers tomes mais je n’avais pas du tout accroché au ton humoristique du manga ni aux voyages incessants dans le temps de Lucius Modestus entre son époque (le IIème siècle après J.-C. sous le règne d’Hadrien) et le Japon moderne.
– ma seconde crainte était une vision dite « antique » de l’empereur Néron. En effet, le portrait dépeint par l’élite intellectuelle de l’époque est peu flatteuse pour le jeune empereur. Il était accusé entre autres méfaits, d’avoir mis le feu à Rome pour construire sa fameuse Domus Aurea ou déclamer des vers enflammés (pardonnez le jeu de mots) devant le « spectacle ». Juste petite précision, Néron était à Antium quand l’incendie s’est déclaré… Certes, je ne nie pas que le jeune empereur n’avait pas quelques problèmes psychologiques et qu’il n’aurait pas provoqué la mort de quelques-uns de ses opposants au Sénat comme son ancien précepteur Sénèque, mais les sources littéraires de l’époque sont biaisées et il est nécessaire d’avoir du recul par rapport à elles.

Passée cette longue introduction, ce manga comme son titre l’indique n’a pas pour sujet principal Néron mais bien Pline l’Ancien, à ne pas confondre avec son neveu Pline Le Jeune qui rapportera d’ailleurs dans ses Lettres, la mort devenue célèbre de son oncle. Pline l’Ancien était un naturaliste curieux dont l’œuvre très prolifique nous est parvenue. Cette encyclopédie ne compte pas moins d’une trentaine de volumes (37 pour être exacte), l’Histoire Naturelle, abordant tous les sujets possibles et inimaginables allant de la géographie du Monde connu de l’époque, à l’ethnologie en passant par la biologie ou même quelques petites anecdotes fabuleuses sans réel fondement scientifique. Dans ce manga, nous avons le point de vue d’un personnage fictif d’origine grecque, le scribe Euclès, chargé d’accompagner Pline l’Ancien à travers ses pérégrinations en Italie et de noter ses réflexions. Car pour ce dernier, tout est prétexte à la curiosité, retardant même son arrivée, à Rome, pourtant vivement requise par l’Empereur.

Pline : « Celui qui fuit une occasion de s’instruire est la lie de l’humanité. » (P. 53)

Mes craintes ont-elles été levées à la lecture de ce premier tome?

Concernant la première, indubitablement ! Bien qu’il y ait quelques traits d’humour, voire un léger évènement fantastique mais qui s’explique aisément par le contenu de l’œuvre de Pline l’Ancien, ce nouveau manga est complètement différent et m’a plu davantage que Thermae Romae. Le personnage est conforme à l’image que je me faisais du Naturaliste (et par là même conforme à celle véhiculée par son propre neveu) : d’une curiosité insatiable, il n’hésite pas à prendre des risques pour la satisfaire.

Quant à la seconde, c’est encore un peu tôt pour le dire. L’empereur Néron apparaît déjà comme un jeune homme capricieux et caractériel qui s’offusque du moindre « manque de respect »  de la part de ses subordonnées (à savoir, une défection de Pline l’Ancien à l’une de ses représentations musicales). La lecture du second tome devrait donc m’en apprendre un peu plus mais j’espère, néanmoins, un portrait plus nuancé.

Sinon, quid du premier Tome de Pline?

D’un point de vue scénaristique, il s’agit clairement d’un premier tome d’introduction, le temps que les personnages principaux soient présentés et que l’intrigue et la problématique du manga se mettent en place.

En revanche, les dessins m’ont beaucoup plu et un grand soin a été apporté en ce qui concerne la reconstitution de monuments de l’époque : je pense ainsi aux magnifiques temples de Paestum, au sud de Naples ou les plans de Rome, notamment le Palais impérial, situé sur la colline du Palatin.

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En conclusion, le premier tome de ce manga m’a beaucoup plu. L’intrigue, bien qu’elle ne soit pas haletante, pose les bases du récit et les dessins sont soignés (surtout d’un point de vue reconstitution historique). Je lirai donc avec plaisir le second tome, en espérant qu’il évite les quelques écueils évoqués ci-dessus.

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15 réflexions sur “Pline, T.1 de Mari Yamazaki et Tori Maki

  1. ça m’a l’air bien sympa moi qui cherche des mangas à découvrir en ce moment… Je note précieusement celui-ci ! Je te rejoins sur les recherches historiques quand on publie quelque chose, il en faut un minimum ^^ »

    Aimé par 1 personne

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