Le chaland d’or de Mickaël Moorcock

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Quatrième de couverture : 

Au pied de la ville, imperturbable, coule le fleuve. La brume matinale enveloppe la cité à flanc de colline ses ruelles, ses clochers, ses immeubles entassés. Bientôt le soleil dissipera les mystères confus de l’aube. Mais pour l’heure voici Jephraim Tallow ; il s’assied sur la berge et contemple, frissonnant, l’image de son corps étrangement bâti. Quand devant lui passe le chaland d’or ; il émerge des brumes, illuminé d’une clarté surnaturelle, puis disparaît dans le silence. Dès lors Jephraim sait qu’il lui faut répondre à son appel irrésistible et descendre le fleuve. Vers des pays légendaires où règnent la guerre, la famine, la tyrannie, mais aussi l’enchantement.

Éditeur : Folio SF

Nombre de pages : 252

Prix : 6,60€

Mon Avis : 

J’avais découvert l’écriture de Mickaël Moorcock au travers de son roman le plus célèbre : Elric des Dragons. Malheureusement, cela avait été une déception, pour moi. Pourtant, Moorcock est un auteur apprécié de la sphère SFFF et je m’étais dite que peut-être j’étais passée à côté et qu’il faudrait donc lui laisser une seconde chance. Lorsque je suis tombée sur Le chaland d’or, un one-shot de moins de 350 pages, j’ai vu là l’occasion non seulement de renouer avec l’auteur mais aussi de participer au Challenge SFFF de Xapur.

Jephraim Tallow est un garçon bien ordinaire dont la vie semble toute tracée. Pourtant un jour, alors qu’il flâne aux aurores au bord du fleuve, il entraperçoit au loin un magnifique Chaland d’or. L’appel se veut irrésistible. Le jeune homme quitte tout sur un coup de tête, persuadé que ce fameux bateau sera l’objet le plus sacré de sa quête.

Ce roman, malheureusement, a été une complète déception pour moi :

Premièrement, je n’ai pas trouvé l’univers très transcendant et je suis partie sur une mauvaise piste dès le départ. En effet, en voyant Le Chaland d’or faire partie de la collection SF des éditions Folio, je m’attendais à un univers beaucoup plus marqué SFFF. En réalité, il n’en est rien. L’unique élément fantastique serait un espèce de « Royaume des fées » surréaliste WTF avec des arbres aux troncs orange et aux feuilles mauves mais cela tombait un peu comme un cheveu sur la soupe.

Ensuite, je n’ai pas non plus vraiment accroché à l’écriture me surprenant même à sauter plusieurs paragraphes ou en lisant le roman en diagonal pour l’achever plus rapidement.
En revanche, le double niveau de lecture est intéressant. On peut voir le Chaland d’or
– soit comme un simple bateau qui posséderait une certaine valeur pécunière et que Jephraim voudrait s’approprier pour devenir riche et puissant.
– soit comme une Quête obsessionnelle et immatérielle mais pour laquelle le personnage principal serait prêt à tout sacrifier (l’amour, l’honneur, la Foi et/ou la connaissance, le travail, etc…). D’ailleurs, tous les hommes ne voient pas le chaland d’or et seuls quelques « élus » comme Jephraim auraient eu la chance de le croiser un jour.

Enfin, le personnage de Jephraim m’est apparu complètement atroce. La proximité littéraire avec un autre antihéros de Moorcock, Elric, n’est peut-être d’ailleurs pas complètement étrangère. Jephraim est égoïste, inconscient, immature, fourbe et cruel.  Difficile d’avoir pour lui de l’empathie d’autant plus que l’aversion éprouvée ne fait qu’augmenter jusqu’à la fin du roman.

Ma tête, répondit Tallow, c’est elle, pas mon coeur, qui dirige mes actes. La plupart des gens se laissent dominer par leur coeur ; leur tête ne leur sert qu’à justifier leurs sentiments. Chez moi, c’est la tête en premier, les émotions ensuite et encore! Je n’avais jamais ressenti d’émotion jusqu’au jour où j’ai vu le chaland d’or sur le fleuve. La, ce fut d’abord une sorte d’émotion – un sentiment, diriez-vous. La raison ne s’en est mêlée que bien plus tard, et encore! J’ignore toujours ce que le chaland peut m’offrir. Mais je suis persuadé qu’il m’apportera davantage que l’amitié, l’amour ou l’honneur qui, eux, me détruisent, me rendent semblable au reste du troupeau. Je ne suis pas fait pour la vie de troupeau. Je ne puis exister parmi les autres hommes : je n’en ai ni l’esprit, ni la constitution, ni l’apparence. Je n’aime pas les mêmes choses et je ne hais pas sans raison. Il m’arrive parfois de concevoir de la haine quand on se met en travers de mes projets, mais cela ne dure pas. Miranda m’apporte le réconfort, la sérénité, la satisfaction sur le plan sexuel, bien plus encore. Mais elle ne peut me donner autant que le chaland. (P. 171)

En conclusion, je suis bien contente de m’être débarrassée de ce livre dans le cadre du Challenge SFFF de Xapur (désolée mais ce sont des choses qui arrivent!). Au moins, cela m’aura convaincu que décidément, Mickaël Moorcock, ce n’est vraiment pas ma cam’! Avis aux amateurs!

Note : 1/5

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