Nous sommes tous féministes suivi de Les marieuses de Chimamanda Ngozi Adichie

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Quatrième de couverture :

« Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j’aimerais aujourd’hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement. »

Éditeur : Folio

Nombre de pages : 96

Prix : 2.00€ en format papier et 1.99€ en e-book

Mon Avis :

C’est Gaelle de Pause Earl Grey qui m’a donné envie de lire ce court essai sur le fémnisme. Et pour la modique somme de deux euros, je n’allais pas m’en priver.

Nous sommes tous des féministes est divisé en deux parties : la première (qui a donné son nom à l’essai) est un texte tiré d’un discours prononcé par l’auteure lors de la conférence TED (Technology Entertainment Design) sur l’Afrique, en décembre 2012. La seconde intitulée Les marieuses, est l’histoire de Chinaza, une jeune nigériane mariée par son oncle et sa tante à un homme qu’elle ne connaît pas, émigré aux Etats-Unis.

Dans Nous sommes tous féministes, Chimamanda Ngozi Adichie revient sur le sens du mot « féministe ». Elle l’a entendu pour la première fois lorsqu’elle avait quatorze ans par la bouche de son cousin. À l’époque, se faire traiter de « féministe » était peu flatteur dans son pays, le Nigéria. Il désignait une femme fauteuse de trouble, refusant le mariage et irrémédiablement contre les hommes de manière violente. L’auteure a parfois même été choquée d’entendre dire à son sujet qu’elle faisait peur aux hommes et que certaines femmes auraient pu être influencée de mauvaise manière par elle. Alors dans ce discours, Chimamanda a souhaité redéfinir le féminisme et expliquer qu’être féministe ne signifie pas être contre les hommes mais se positionner en tant que son égal. D’ailleurs, le féminisme disparaîtra de lui-même lorsque cette égalité sera atteinte. Et il y a encore beaucoup de travail à faire! Elle cite ainsi plusieurs exemples : lorsqu’un couple arrive dans un restaurant, au Nigeria, la femme est copieusement ignorée par le serveur ou lorsque cette dernière donne un pourboire, c’est l’homme qui l’accompagne qui est remercié. Il est en effet inconcevable qu’une femme possède elle-même ses propres économies… Pour remédier à cet état, l’auteure propose alors d’éduquer les jeunes générations en ce sens et de traiter les garçons comme les filles. Le changement sera long et se fera sur plusieurs générations mais les choses peuvent évoluer.

Pour en revenir sur la situation en France, avant les années 70, nous n’étions pas loin de ce qu’il se passe au Nigéria. N’oublions pas que les femmes étaient assujetties à un homme (son père puis son mari), ne pouvaient pas avoir leur propre compte et qu’il était préférable pour elle de se marier et d’avoir des enfants plutôt que de suivre des études… Les femmes ne pouvaient pas non plus disposer de leur propre corps en utilisant des moyens contraceptifs (La loi le permettant date de 1967) ou en ayant recours librement à l’avortement (autorisé à partir de 1975 par la Loi Weil). Et quand je vois aujourd’hui que ces droits acquis depuis sont constamment remis en question que ce soit en Europe comme en Pologne ou en Espagne et Outre Atlantique, aux Etats-Unis…

Juste un petit mot sur Les Marieuses avant de conclure : j’ai beaucoup aimé ce court récit d’une cinquantaine de pages. Je trouve l’écriture de Chimamanda très percutante. Elle n’hésite pas à dénoncer des sujets qui lui tiennent à coeur comme les mariages arrangés, l’intégration des immigrés aux Etats-Unis ou le problème de l’égalité Homme/Femme. En effet, Chinaza n’a pas eu d’autres choix que d’épouser Ofodile (son oncle et sa tante qui ont organisé son mariage, l’ont recueilli à la mort de ses parents et elle avait une soi-disante dette envers eux). En arrivant aux Etats-Unis, il s’avère que son mari rejette complètement ses origines nigérianes dans le seul but de s’intégrer (à un tel point, qu’il change son nom en Dave Bell) et elle qui rêvait à son indépendance en travaillant, s’ennuye chez elle en attendant que son mari fasse la demande de la fameuse Green Card.

En conclusion, Nous sommes tous des féministes est une invitation à la réflexion sur les conditions de la femme : loin des clichés de la féministe arracheuse de soutiens-gorge et émasculatrice d’hommes, au contraire, Chimamanda Ngozi Adichie apporte un éclairage pas forcément neuf mais qui prête néanmoins à réfléchir. Pour la petite anecdote, son slogan « We should all be feminists » a été repris par Rihanna pour une ligne de ses vêtements ou Beyoncé dans sa chanson Flawless.

Note 3/5

16 réflexions sur “Nous sommes tous féministes suivi de Les marieuses de Chimamanda Ngozi Adichie

  1. Ca a l’air d’un discours vraiment intéressant et qui servirait de bon rappel pour certains. J’ai souvent entendu des gens répondre « Je ne suis pas féministe, je suis pour l’égalité des sexes » sans comprendre que c’était ça, être féministe, et non vouloir une suprématie de la femme. Des gens très sympathiques et totalement en adéquation avec le mouvement féministe, au final, mais qui ne comprennent juste pas et sont biaisés dans leur jugement par les actions extrémistes peu représentatives. Bref, une problématique encore bien d’actu, au final^^
    Pour ce prix, je crois que je ne vais pas me priver non plus, finalement !

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  2. Je trouve également que nous assistons à une sorte de « retour en arrière » ou tout du moins à « un coup de frein » sur les avancées pour l’égalité des droits H/F dans nos sociétés. Restons mobilisées et attentives : L’éducation étant la clef. Je le pense aussi sincèrement…

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  3. J’ai lu ce mini livre dans le cadre du club de lecture féministe des Antigones et j’ai bien aimé, mais il reste vraiment et seulement une introduction au féminisme, pour les plus jeunes notamment, car il est impossible en si peu de pages de tout aborder.

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