Alisia de François Michel

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Quatrième de couverture :

Nous sommes en 52 av. J.-C. Vercingétorix s’est retranché dans Alésia. César l’assiège mais craint d’être assiégé à son tour. Alésia attend une immense armée de secours venue de toute la Gaule. Pour l’heure, ce sont des combats acharnés, le jeûne forcé, le sacrifice des non-combattants, bref la folie des hommes. Une jeune fille incarne a folie de la résistance de la ville. Elle soutient le jeune général dans ses doutes, encourage sa ténacité. Un Amour urgent naît, qui forme l’embryon de la Gaule souveraine et unie. L’armée de secours arrive. Elle crée la joie, et la déception. La débâcle finale et la reddition du chef, qui du fait aux survivants le don de sa personne, concluent le drame, dont pourtant s’échappe la vie future.

Éditeur : Autoédité sur e-dpo

Nombre de pages : 72

Prix : NC

Mon Avis :

Malheureusement, vous aurez du mal à vous procurer cette pièce de théâtre car elle a été imprimée en très peu d’exemplaires et n’est pas disponible dans les points de vente traditionnelles de livres. En réalité, c’est l’auteur lui-même qui a eu la gentillesse de me l’envoyer pour que je la découvre (un grand merci à lui!). Je l’ai en effet rencontré cet été et je lui avais fait part de ma passion pour l’Histoire, notamment pour la période romaine. Il m’avait alors dit en retour qu’il avait composé une pièce de théâtre dite classique en alexandrins sur la prise d’Alésia et la défaite de Vercingétorix. Pour ma part, j’ai été impressionnée car déjà écrire un sonnet en alexandrins, cela demande une certaine technicité mais toute une pièce… C’est un exploit!

Alisia est la fille d’Oxtaus, chef des Mantubiens et l’un des généraux de Vercingétorix lors de l’assaut d’Alésia par les troupes romaines. La jeune femme ne tarde pas à tomber amoureuse du grand chef guerrier, lui insufflant ainsi courage et espoir face aux nombreux coups du sort. Mais cela suffira-t’il à faire face à la pugnacité des Romains et de leur chef César?

On peut considérer que la pièce Alisia s’inscrit dans la tradition du théâtre classique français et à ce titre, elle respecte plusieurs règles.

– La règle de vraisemblance : bien que certains personnages de la pièce comme Alisia, Elisa et Valeriana soient fictifs ou que la présence de personnages historiques à Alésia comme Oxtaus ou Luctère n’est pas avérée, d’autres en revanche, ont bien existé et étaient présents sur place comme Vercingétorix ou Critognatos. L’auteur s’est également documenté sur le siège d’Alésia comme le laisse présager sa bibliographie à la fin de la pièce. Il a ainsi lu les ouvrages des témoins directs des évènements comme la Guerre des Gaules de Jules César (à prendre avec des pincettes évidemment car il s’agit du récit d’un vainqueur. Le but de César était de glorifier ses ennemis pour vanter ses propres mérites!). Il s’est également basé sur des ouvrages de spécialistes sur la question mais un peu datés comme Alésia ou les ruses de César de Jérôme Carcopino (1958) ou celui de l’élève de ce dernier Alésia – Archéologie et Histoire (1963) de Joël Le Gall. De plus, certains évènements comme l’évacuation des non-combattants (femmes, enfants et vieillards) d’Alésia puis morts de faim entre les deux lignes de front ou l’arrivée de l’armée de secours menée par les Atrébates et les Eduens sont avérés.

– La règle des trois unités, a été définie au XVIIème siècle par Boileau :

Qu’en un jour, qu’en un lieu, un seul fait accompli / Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli.

Si l’unité de temps n’est pas respectée car la pièce suit l’ensemble du siège, soit environ deux mois, en revanche ceux du lieu (l’oppidum d’Alésia) et de l’intrigue (le siège) le sont.

– La règle de bienséance : il n’y a ni scènes charnelles ni de représentations de la violence. L’amour entre Alise et Vercingétorix reste chaste tandis que la mort du fils d’Oxtaus, Catianus, est rapporté par sa propre soeur Alisia.

Il s’agit enfin d’une tragédie en alexandrins qui a pour sujet principal un évènement historique (le siège d’Alésia en 52 avant J.-C.) et met en scène des personnages prestigieux et de rang élevé comme Vercingétorix, chef de la coalition gauloise contre Jules César. Elle possède également une morale : le personnage principal Vercingétorix est dépeint comme quelqu’un de courageux, qui n’hésite pas à se sacrifier (sa liberté et sa vie) ou ses propres intérêts (l’amour qu’il porte à Alisia) pour sauver son peuple malgré l’inconstance et l’ingratitude de ce dernier.

Pour en revenir à mes impressions sur la pièce, j’ai été éblouie par le style d’écriture. Écrire en alexandrins peut se révéler être une véritable gageure mais je suis impressionnée par le fait que François Michel s’en soit très bien sorti. Le récit est agréable et il se suit bien. Même si l’auteur a rajouté quelques éléments fictifs, cela ne m’a pas du tout dérangé.

Luctère : Les portails sont fermés. La lutte fut sanglante,
Sévère son bilan, son issue humiliante.
Pour la seconde fois, nos cavaliers vaincus
Font craindre aux survivants un désastre invécu.
Déjà devant Marmagne, et malgré l’avantage
De surprendre César encombré de bagages,
Le courage éprouvé des cavaliers gaulois
Céda face aux Germains, sans gloire et sans exploit.
Tu (Vercingétorix) menas aussitôt les nôtres sur la route
D’Alésia, nuitamment, évitant la déroute.
Mais le nouvel engagement lancé contre César
Aux Laumes fut, ce jour, un nouveau cauchemar.

En conclusion, Alisia s’est révélé être une lecture très agréable. La pièce m’a beaucoup rappelé les œuvres classiques que je lisais lorsque j’étais au lycée notamment celles de Racine (Britannicus, Bérénice, Iphigénie, Phèdre, etc…) ou Corneille.

8 réflexions sur “Alisia de François Michel

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