Histoires de Kisaeng, T.1 à 3 de Kim Dong-Hwa

Quatrième de couverture :

Chez les kisaeng – l’équivalent coréen des Geishas – le parfum prime sur le plaisir des yeux. Mais il faut pour cela de l’esprit et de l’instruction ! Chaque geste se fait alors poème et chaque pas devient une danse…

Éditeur : Paquet

Nombre de pages : 250 pages par tome

Prix : 10.00€

Date de sortie : 17 octobre 2007 pour le Tome 1, 28 janvier 2009 pour le Tome 2 et 28 avril 2010 pour le Tome 3.

Mon Avis :

C’est à l’occasion d’un déclassement des bibliothèques de ma ville que j’ai acquis les trois tomes de ce manhwa coréen (l’équivalent du manga japonais). En effet, les couvertures très exotiques m’ont immédiatement tapé dans l’œil et un bref regard à l’intérieur m’a vite décidé à les prendre. (De toutes manières, dans ce genre de manifestations, il ne faut pas trop traîner car ce sont les bandes dessinées et les mangas qui partent en premier !). Puis, c’est en le feuilletant bien tranquillement chez moi que je me suis rendue compte du réel sujet du manhwa : il abordait en effet les Kisaeng, l’équivalent coréen des geishas japonaises. J’avais lu le roman d’Arthur Golden, Geisha et j’avais adoré. Malheureusement, à la lecture du manhwa, la déception s’est vite fait sentir au bout de quelques pages…

Les courtisanes de Songdo sont connues dans tout le pays pour être des créatures irrésistibles : elles sont non seulement belles mais elles maitrisent aussi les Arts pour envoûter les hommes. Et nombre de marchands itinérants qui ont osé faire un détour, se retrouvent sur la paille après avoir succombés aux Délices de Songdo. C’est ainsi que deux jeunes filles de onze ans, Beodeul et Hyongeum finissent chez Choseon, une « vieille » courtisane de quarante ans pour débuter leur apprentissage. Or, les jeunes filles sont complètement opposées. Beodeul issue d’une famille noble désargentée n’est pas seulement belle, elle est douce, sensible et douée en chant. Quant à Hyongeum, d’origine plus modeste, si elle possède un physique des plus communs, son effronterie et son assurance la font déjà remarquer des hommes malgré son jeune âge. Choseon aura alors beaucoup de mal à choisir entre les deux…

Deux choses m’ont prodigieusement agacé à la lecture des trois tomes :
– le décalage entre la forme qui se veut poétique (notamment par ses dessins et ses envolées lyriques) et le fond vulgaire. Si les Kisaengs sont censées être l’équivalente des geishas, elles doivent donner du plaisir aux hommes. Ce plaisir, ce n’est pas uniquement le sexe mais aussi l’enchantement des sens au travers du raffinement des Arts comme le chant, la musique, la danse, la poésie, etc… C’est d’ailleurs ce qui fait la différence entre la courtisane et la prostituée. Dans ce manhwa, le raffinement des Kisaengs est complètement passé à la trappe au profit d’un traitement plus vulgaire et j’ai trouvé cela dommage.
De plus, si envolées lyriques il y a, elles s’avèrent être répétitives et lassantes au bout de trois tomes : les femmes sont comparées toutes les deux pages à des fleurs qui attireraient par leur charme et leur parfum énivrant, les papillons errants, comprenez les hommes.

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Histoires de Kisaeng, Tome 1, p. 244

– l’âge des deux jeunes apprenties : Beodeul et Hyongeum ont onze ans et sont prépubères. Certes, dans Geisha, Chiyo a neuf ans quand elle débute son apprentissage mais le sujet était traité avec davantage de pudeur. Dans Histoires de Kisaeng, Kim Dong-Hwa ne fait pas dans la dentelle et confronte les petites filles à la bagatelle très tôt (notamment lorsqu’elles surprennent une kisaeng en plein ébat avec un client ou que Hyongeum, précoce, veut rapidement devenir une femme pour mettre les hommes à ses pieds). J’ai trouvé cette histoire très racoleuse et disons-le franchement le fait que certains hommes puissent être attirés dans le récit par les deux jeunes filles est choquant et met mal à l’aise.

Si j’ai peu goûté ce manhwa, force est de reconnaître que deux points positifs sont à évoquer :
– les dessins sont très jolis et délicats. Ils possèdent une petite touche exotique, notamment dans la figuration des paysages (montagne, arbre, cours d’eau ou fleurs).
– les sentiments qui unissent les deux petites filles entre elles et envers leur « mère » Choseon ne sont pas dénuées d’une certaine noblesse. Même si elles sont guidées par l’ambition de devenir chacune la meilleure Kisaeng de Songdo, elles n’en oublient pas pour autant leur amitié ou l’honneur de leur « mère » qu’elles veulent préserver, quitte à faire un certain nombre de sacrifices.

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Histoires de Kisaeng, Tome 1, p. 17

En conclusion, Histoires de Kisaeng est une lecture oubliable qui n’aura pas sa place dans ma bibliothèque. Je vais bien vite placer les trois tomes dans une boite à livres de ma ville sans oublier de mettre un petit mot d’avertissement. En effet, si l’on peut omettre le manque de raffinement et de pudeur, le fait que le récit mette en scène des filles aussi jeunes peut heurter. Je regrette d’ailleurs que l’éditeur ne l’ait pas notifié avant…

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