Une vie avec Alexandra David-Néel de Fred Campoy et Mathieu Blanchot, T. 2

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Quatrième de couverture :

Orientaliste, chanteuse d’opéra, journaliste, écrivaine, exploratrice, bouddhiste, Alexandra David-Néel a vécu mille vies ! Et au seuil de son existence, celle qui fut la première occidentale à pénétrer à Lhassa a encore bien des secrets à dévoiler… Alors qu’elle entame une longue et sereine agonie, veillée par Marie-Madeleine, son employée et confidente, la grande aventurière se retourne une dernière fois sur sa longue et incroyable existence : de sa jeunesse tumultueuse au fantastique et périlleux voyage jusqu’à la cité interdite à Lhassa, en passant par sa rencontre avec l’homme de sa vie, Alexandra David-Néel traverse le siècle avec une énergie sans faille.

Editeur : Bamboo

Nombre de pages : 90

Prix : 17,90€

Date de parution : 1er Février 2017

Mon Avis : 

J’avais découvert cette adaptation des récits de voyage d’Alexandra David-Néel grâce à mon Club de lecture. Ayant beaucoup apprécié le Tome 1, je poursuis avec ce second opus qui revient sur l’enfance et la jeunesse de la célèbre aventurière.

Le premier tome nous avait laissé sur un mini-cliffanger : alors qu’elle tente de se rendre illégalement au Tibet en 1924, Alexandra David-Néel était en train de traverser une rivière lorsqu’elle chûta malencontreusement dans les eaux bouillonnantes. Heureusement, ses compagnons de route la sauvèrent in extremis et ils parvinrent à se rendre incognito dans la capitale tibétaine, Lhassa où aucun étranger n’était autorisé à pénétrer.
De retour dans les années 60, cela fait dix ans que Marie-Madeleine Peyronnet est au service de l’aventurière désormais âgée. Et il lui en faut du caractère pour supporter la vieille dame car elle lui en fait voir de toutes les couleurs! Tantôt plaintive, tantôt prête à faire le tour du monde cinq minutes plus tard, Alexandra ne manque pas de force de caractère. Lui pardonnant ses frasques, la jeune femme porte sur elle un regard touchant, sincère et affectueux, lui réclamant même le récit de ses exploits passés.

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Le cliffanger auquel je fais référence dans mon synopsis n’en est pas vraiment un puisque le lecteur sait de par la rencontre d’Alexandra et Marie-Madeleine dans les années 50 et 60 que l’aventurière va survivre à sa chute dans la rivière. En revanche, je n’ai pas compris ce choix scénaristique. Le tome 1 étant dédié aux récits de voyage d’Alexandra en Asie, il aurait été plus logique d’y incorporer l’entrée d’Alexandra à Lhassa. De plus, la présence de cet épisode d’une quinzaine de pages dans le second tome m’a paru incongru, lapidaire et trop décousu par rapport à la thématique générale. Bien évidemment, il faut voir dans ce procédé un moyen pour les auteurs de fidéliser son lecteur et lui donner envie de poursuivre avec le tome 2.

Outre cette coquille de départ, ce second opus s’est révélé être particulièrement émouvant. Alexandra a atteint la centaine et sait qu’elle n’en a plus pour très longtemps. Or, on retrouve encore chez elle une furieuse envie de vivre, de se cultiver et de partir à l’aventure. Malgré le poids des ans, sa mémoire qui lui joue des tours ou son corps qui la lâche petit à petit, on sent encore sa détermination et sa force de caractère. Sa relation avec Marie-Madeleine est également touchante car si la centenaire lui en fait voir, elle ressent pour elle une véritable tendresse. Deux scènes m’ont particulièrement ému : celle où Alexandra ne reconnaît pas la jeune femme et lui fait part de son affection et celle de la découverte du contenu des coffres par Marie-Madeleine.

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Enfin, à travers les récits de l’aventurière, le lecteur découvre son enfance et sa jeunesse atypique, rebelle et anticonformiste. Elle a vécu mille vies de Victor Hugo qui l’a prenait sur ses genoux lorsqu’elle était encore une petite fille à Elisée Reclus, géographe et anarchiste qui l’a initié à la théosophie, à la vingtaine. Elle a également mené une carrière d’écrivaine et journaliste féministe avant de se trouver cantatrice, en Tunisie, dans les années 1900. A la même époque, elle fait la connaissance de son futur mari mais la vie de femme mariée ne lui convenant guère, elle lui annonce partir en Asie en 1911 pour ne revenir que quatorze après!

En conclusion, si le choix scénaristique du début de ce second tome ne m’a pas paru très logique, force est de constater que cet opus s’est avéré être passionnant. Teinté d’une plus grande émotion que le précédent, le lecteur a pu appréhender de manière plus fine encore la personnalité atypique d’Alexandra David-Néel. Apparemment, un troisième et dernier tome devrait voir le jour : l’aventurière regrettant de finir ses jours à Digne aurait, en effet, souhaité que ses cendres reposent au Tibet. Charge à Marie-Madeleine d’exaucer les derniers vœux de la défunte.

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3 réflexions sur “Une vie avec Alexandra David-Néel de Fred Campoy et Mathieu Blanchot, T. 2

  1. Le graphisme ne me plaît pas, et c’est un facteur déterminant quand je lis une bD ou un roman graphique, et ce même si l’histoire est géniale. Exxemple, je ne suis jamais parvenue à me projeter dans l’univers de Sandman de Gaiman alors que j’adore l’auteur.

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