Retour sur la soirée Imaginaire, à la librairie Décitre Grenoble du 9 Juin 2018, à 19h30

cerutti et platteau dédicace decitre grenoble 2018

Coucou tout le monde,

J’espère que vous allez bien! Je suis désolée car le compte-rendu arrive un peu tard cette fois-ci. En effet, j’ai été bien prise cette semaine par un nouveau projet professionnel et cela a mobilisé tout mon temps libre. Mais, cela a payé car en septembre prochain, je vais pouvoir dire adieu à 9 ans de gestion financière dans mon Laboratoire pour intégrer le service des Relations Internationales de mon université!

Pour en revenir à la soirée, les libraires Mathieu et Myriam ont accueilli comme toujours dans la bonne humeur et la convivialité deux auteurs de Fantasy française : Fabien Cerutti et Stéfan Platteau. J’avais un peu préparé cette rencontre en lisant leurs ouvrages. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié l’écriture de Stefan Platteau Dévoreur et j’ai eu un énorme coup de coeur pour le premier tome du bâtard de Kosigan de Fabien Cerutti. Je l’avais reçu grâce au partenariat avec les éditions Mnémos et l’excellent blog Book en stock. Surtout n’hésitez pas à aller lire les interviews de Fabien Cerutti, c’est génial! Après ce bref aparté, j’ai le plaisir de vous faire part du compte-rendu de la soirée!

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Photo empruntée au Comptoir de l’Ecureuil (de gauche à droite : Myriam, Stefan et Fabien)

Première partie de la soirée : l’interview

Les deux auteurs ont été invités à l’occasion de la sortie leur nouvel ouvrage :

Fabien Cerutti pour son quatrième tome du Bâtard de Kosigan, sorti le 7 juin 2018

Stefan Platteau pour son troisième tome des Sentiers des astres, sorti le 24 mai 2018

Myriam : Quel a été le premier flirt avec l’Imaginaire?

Stéfan Platteau : Princesse Leia!
Fabien Cerutti : La petite maison dans la prairie? (Rires)
S.P. : C’est un voyage en Inde lorsqu’il avait 4-6 ans qui lui a fait découvrir la mythologie indienne. De retour en Belgique, il a découvert les dessins animés Capitaine Flam ou toute la mythologie gréco-romaine comme l’Iliade.
F.C. : Son premier contact avec l’Imaginaire s’est fait également au travers des dessins animés quand il était enfant. A onze ans, il a découvert la Faune de l’espace de A.E Van Vogt puis à 14-15 ans, le Seigneur des Anneaux de J.R.R.R Tolkien. Il était à Nice pour les vacances et n’était quasiment pas sorti de sa chambre d’hôtel au grand dam de ses parents! Il a eu une affection toute particulière pour les jeux de rôle et jeux de stratégie comme Donjons et Dragons de Gary Gygax puis en devenant Maître de jeu, il a crée ses propres univers sur le fond de la Terre du Milieu propre à Tolkien.
S.P : Il adorait également la Bande Dessinée Thorgal de Jean Van Hamme, a lu Dune de Franck Herbert à 14 ans et le Seigneur des Anneaux à 15 ans pendant une période de convalescence. Il apprécie aussi les jeux de rôle comme Donjons et Dragons.

Mathieu : De tous les bouquins lus, quel personnage est le plus marquant et pourquoi? 

F. C. : Sa série préférée est celle des Princes d’Ambre de Roger Zélazny dont le personnage principal, Corwin s’apparente quelque part à un Batard.

S. P. : Il s’agit de Sam Gamegie dans le Seigneur des Anneaux car il n’est pas forcément héroïque dans le sens traditionnel du terme (c’est à dire qu’il ne va pas aller affronter en face un dragon) mais il possède un véritable sens de la Justice.

Myriam : Quel est le livre le plus marquant? Un livre de chevet?

S. P. : La Bible!!! Notamment, le passage de l’Apocalypse!
F. C. : Les Princes d’Ambre car selon lui, cette série est au summum de l’originalité en terme de création d’univers ou de l’écriture.
S. P : Dune pour son aspect anthropologique très poussé et sa construction sociale. Il apprécie particulièrement la Science Fiction qui met en scène une certaine pensée magique, la religiosité ou les relations féodales. Il a également beaucoup aimé La Balade de la mer salée de Hugo Pratt, le premier tome de la série Corto Maltese.

Mathieu : Quels sont les lieux visités ou les voyages qui ont eu une grande influence?

S. P. : Il possède ses premiers souvenirs en Inde puis quand il a dû revenir en Belgique après 6 ans, il a eu beaucoup de mal à se ré-acclimater. Mais, ce voyage lui a apporté beaucoup d’émerveillement, de curiosité et de la tolérance envers son prochain. Il a suivi par la suite des études d’Histoire en se spécialisant en Histoire médiévale. C’est pour cette raison qu’il aime insuffler dans ses récits l’idée d’une société médiévale traditionnelle et qu’il souhaite retrouver les mentalités de l’époque.
F. C. : Les voyages dans le temps! Il a vécu en Guyane et en Afrique pendant de nombreuses années mais cela ne ressort pas encore dans ses romans. En revanche, il s’est inspiré de ses voyages en Europe comme Bruges, Paris ou l’Italie. Ces villes sont des lieux qu’il connaît déjà et qu’il dépeint dans son univers.

Myriam : Comment s’est passé le passage du lecteur à l’écrivain? Quelques anecdotes?

S.P. : Par un terrible et tragique accident à 6-7 ans… quand il a appris à lire et écrire! Il s’ennuyait à l’école et la notion de désœuvrement lui a toujours été une source d’inspiration. Il adorait les dinosaures et les vaisseaux spatiaux mais il ne trouvait jamais beaucoup d’ouvrages sur le sujet. Il a donc décidé de les écrire lui-même! A dix ans, il a également écrit une bande dessinée sur le Moyen Age.
F. C. : Il s’est lancé très tôt dans les jeux de rôle et a commencé par écrire ses propres  scénarii toujours inspirés de la Terre du Milieu du Seigneur des Anneaux. Il a également suivi des études d’Histoire ce qui lui a donné envie d’écrire un scénario autour d’un batard, ayant vécu aux alentours du XIVème siècle. Mais, il a surtout débuté par l’écriture d’une bande dessinée. Il avait même contacté les éditions Glénat qui avait refusé tout en lui prodiguant des encouragements. Au festival d’Angoulème, les choses se sont un plus précipitées : le scénario était prêt, restait à trouver un dessinateur. C’était chose faite lorsque son dessinateur d’origine polonaise n’a dessiné que dix pages en deux ans! Le projet est vite tombé à l’eau. Puis, aux alentours des années 2010, est sorti la série des Lames du Cardinal de Pierre Pével. Non seulement, cette lecture a été une révélation mais elle lui a redonné le goût de l’écriture!

Mathieu : A Stéfan Platteau, quel a été le point de départ du Sentier des Astres?

S. P : Il a travaillé sur un jeu de rôle pendant vingt ans puis il s’est lancé dans les spectacles médiévaux en Belgique. Il a travaillé comme acteur (Et a perdu au passage un morceau de doigt à cause d’un accident de hâche!) et metteur en scène. Il a commencé par écrire Dévoreur puis s’est lancé dans Manesh et cela lui a pris dix ans. En revanche, quand il a envoyé son manuscrit aux Moutons Électriques, la maison d’édition a été immédiatement emballée et lui a fait signer un contrat dans la foulée.

Matthieu : Présentation des univers respectifs.

S. P. : Le sentier des Astres présente beaucoup d’influences celtique, romaine, hindoue et médiévale. Sa Fantasy se caractérise plutôt par son humanisme (et est garantie sans Elfes!). Dans un univers rappelant un peu le Grand Nord et la forêt boréale, le lecteur suit un groupe d’hommes qui remontent un fleuve à la recherche d’un oracle pour sauver leur partie. En chemin, il croise un curieux personnage blessé, Manesh. Les membres de l’équipage sont très diversifiés (un capitaine, un barde, une courtisane avec sa fille de huit ans, etc…) et possèdent leur part de mystère. Ils vont se dévoiler au lecteur au fur et à mesure du récit.
F. C. : Dans le cadre des ses études d’Histoire, il a été confronté à des textes officiels comme Isodore de Séville et dans lesquels, la magie fait partie du quotidien. Il est donc partie de ce postulat de départ pour construire son univers. En effet, dans son XIVème siècle, la magie est bien présente et est combattue par l’Eglise. Cette dernière a lancé à la fin du XIIIème siècle, ses Croisades Noires puis l’Inquisition au XIVème siècle pour éradiquer les dernières traces de magie et lutter contre les païens (Elfes, Nains, etc..). Dans ce joyeux contexte, intervient un chevalier bourguignon bâtard, Pierre Cordwain de Kosigan, qui a dû non seulement fuir sa patrie mais monter une troupe de mercenaires. Le lecteur appréhende l’Histoire à travers ses yeux. S’il s’agit d’un personnage égoïste, cynique et beau parleur, il se révèle être aussi au cours du récit, charismatique, hors norme et très humain. Avec ce récit du XIVème siècle, s’alterne aussi celui du descendant du Bâtard, Michael Kosigan, à la fin du XIXème siècle. Ce dernier découvre les mémoires de son aïeul et est confronté à l’existence de la magie. C’est un aspect que Michael n’arrive pas à comprendre puisque la magie n’existe pas dans son monde.

Myriam : A Fabien Cerutti, pourquoi avoir choisi ces périodes du XIVème et du XIXème siècle?

F. C. : Le XIVème siècle est un peu une Madeleine de Proust pour lui car son professeur de 5ème, Mr Perceval (cela ne s’invente pas!) lui a donné un exposé sur cette période. Il a choisi le XIXème siècle car il voulait s’essayer à un tout autre style d’écriture.

Mathieu : A Stéfan Platteau, quelle description peut-on donner de la mythologie du Sentier des Astres? 

S. P. : Son roman met en scène une vision animiste des choses dans le sens ou les émotions ou les comportements des humains sont influencés par les astres. Il en existe au total huit faste et néfaste. Chaque astre est enfermé dans un individu et pour libérer leur pouvoir, cela nécessite de briser les sceaux.

Mathieu : Comment les personnages évoluent avec leur environnement, la Nature? 

S. P. : L’Homme a un peu tendance à justifier par la magie, des choses non expliquées par la Science. Il existe dans le roman une crainte des forces de la Nature dont l’Homme doit absolument se concilier pour leur survie. Il a essayé de mettre en valeur son amour de la Nature, de la forêt, des montagnes, des grands espaces. Il veut rendre les arbres vivants!
F. C. : Les livres tuent les arbres!
S. P. : (Rires!) Dans les Sentiers des astres, il existe une grande humilité face à la Nature.

Myriam : Ce qui caractérise les personnages des romans, ce sont leur ambivalence et l’absence de hiérarchie entre eux. Pourquoi ce choix? 

F. C. : Le personnage du Bâtard reste le héros du roman mais il est vrai que les autres personnages prennent de l’importance au fur et à mesure des tomes. Celui de Dûn devait mourir dans le second puis il s’est imposé et Fabien lui a alors donné un véritable rôle.
S. P. : Dans son roman, les personnages sont multiples : beaucoup devaient mourir puis il a changé d’avis aussi. Il aime quand ils sont faillibles, terriblement humains. Il n’existe effectivement pas de manichéisme dans son récit car il a voulu se rapprocher de la mythologie gréco-latine comme l’Iliade avec les personnages d’Achille ou d’Hector ou les récits indiens du Mahabharata. Cet aspect a beaucoup été perdu à cause du Monothéisme.

Dernière partie de la soirée : les dédicaces

Comme d’habitude, cette partie a été l’occasion de discuter pleinement avec les libraires Mathieu et Myriam mais aussi avec Coeur de Chêne Elbakin, Dup et Phooka de Book en Stock.

J’ai fait dédicacer à Fabien Cerutti le premier tome du Bâtard de Kosigan envoyé par Mnémos et j’ai eu aussi l’occasion de me procurer le second tout de suite :

Pour Stéfan Platteau, j’ai fait dédicacer Dévoreur. Apparemment, il avait lu ma chronique sur mon blog, ce qui m’a fait très plaisir.

En conclusion, j’ai été encore une fois très bavarde dans cet article mais cela montre aussi à quel point la soirée a été fort riche! Je vous souhaite à tous un bon weekend et n’oubliez pas !

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IMAGINAIRE POWER!

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15 réflexions sur “Retour sur la soirée Imaginaire, à la librairie Décitre Grenoble du 9 Juin 2018, à 19h30

  1. Tout d’abord bravo pour ton nouveau poste, ça va te changer c’est certain!
    Merci pour ce super compte rendu! J’ai vu des morceaux filmés par Estelle du comptoir de l’écureuil, ça avait l’air bien sympa 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Super compte rendu 🙂
    Cette rencontre a vraiment l’air d’avoir été top.
    J’espère pouvoir rencontrer Stefan Platteau un joue également 🙂 C’est très gentil de sa part de te dire qu’il a lu ta chronique et de s’en souvenir. Cela doit être agréable à entendre. 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup! Après, j’étais aussi un peu mal à l’aise car si j’avais vraiment aimé son style d’écriture, le récit était trop contemplatif pour moi. Je préfère quand il y a un peu plus d’action. Mais, apparemment, il n’a pas du tout été vexé, au contraire. Il est vraiment un auteur abordable et constructif. J’ai beaucoup de respect pour ce genre de personne.

      Aimé par 1 personne

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