Je suis une légende de Richard Matheson

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Quatrième de couverture : 

Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l’abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie. Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil… Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu’aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme. Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l’ultime survivant d’une espèce désormais légendaire.

Editeur : Folio SF

Nombre de pages : 228

Prix : 7,25€

Date de publication : 1954 pour la première édition, Avril 2010 pour la présente.

Mon Avis : 

J’avais vu, il y a quelques années de cela, le film éponyme de 2007, réalisé par Francis Lawrence et avec pour acteur principal, Will Smith. Je savais alors que cette adaptation cinématographique était tirée d’un livre. Du coup, j’avais trouvé le roman original dans une brocante mais je l’avais laissé un peu de côté depuis. Heureusement que les challenges d’été sont là pour déterrer de ma PAL des livres oubliés! Faisant moins de 350 pages, il rentre parfaitement dans le cadre du S4F3 présidé par notre Lutin préféré! Et devinez quoi? J’ai bien fait car ce roman s’est avéré être un véritable coup de coeur!

En janvier 1976, cela fait cinq mois que Robert Neville tente de survivre. En effet, un bacille a emporté la race humaine, transformant les survivants en vampires. La nuit, Robert se terre dans sa maison aménagée pour cette nouvelle ère car elle est prise d’assaut par les suceurs de sang. Et le jour, il part non seulement en quête de nourriture mais il en profite aussi pour tuer les vampires qu’ils trouvent sur son chemin. Or, cette solitude lui pèse et il commence doucement à sombrer dans l’alcool et la folie : en effet, à quoi bon survivre alors qu’il est le dernier représentant de la race humaine?

Je suis une légende est un roman admirable à plus d’un titre : je dirais même qu’il s’agit d’un classique dans le genre. Mais, n’y voyez pas là un énième livre de vampires, au contraire bien que le roman soit daté, il n’en bouscule pas moins les codes du genre. Au début du roman, Richard Matheson rend une sorte d’hommage non sans humour à l’oeuvre emblématique de Bram Stoker. En effet, Robert Neville cherche dans Dracula, les moyens de combattre les vampires : c’est ainsi qu’il trouve les armes que je qualifierais de « classiques » comme l’ail, le pieu, la croix et la lumière du soleil. Si certaines sont véritablement efficaces (le pieu et la lumière du soleil), d’autres comme l’usage de la croix est plus discutable : ainsi, l’ancien collègue de travail et voisin de Robert Neville, Ben Cortman est juif et est donc effrayé non par le symbole chrétien mais par une Torah! Puis le personnage abandonne ces considérations disons folkloriques pour une analyse plus scientifique. Grâce à des livres de médecine et de bactériologie « empruntés » à la bibliothèque et à l’aide d’un microscope, il observe et tente de comprendre comment le bacille fonctionne pour mieux le combattre. Il découvre ainsi qu’il existe deux sortes de vampires : ceux qui sont véritablement morts et ne sont que des marionnettes controlées par le bacille et ceux qui sont vivants et qui se sont adaptés à ce nouveau mode de vie pour constituer une nouvelle société. D’ailleurs, grâce à leur propre recherche scientifique, ces derniers ont découverts un moyen de se protéger des effets néfastes de la lumière du soleil.

En ce qui concerne le personnage de Robert Neville, il est très intéressant par son ambivalence. D’un côté, il est combattif, organisé pour sa propre survie et intelligent. De l’autre, il est ravagé par la perte de sa femme et sa fille ce qui le fait sombrer petit à petit dans l’alcool et la folie. Il tente de surmonter ses démons grâce à un seul but : à court terme, en tuant les vampires endormis pendant la journée et à long terme, comprendre comment fonctionne le bacille responsable de la pandémie pour trouver un vaccin et sauver ses congénères. Il est d’ailleurs le dernier représentant de la race humaine car il a été immunisé grâce à une morsure de chauve-souris lorsqu’il était soldat au Panama.

Ce qui est remarquable dans le récit est la notion de « monstre » : sont-ils les vampires qui se nourrissent du sang des humains pour survivre ou Robert Neville qui les combat en les massacrant dans leur lit pendant qu’ils dorment la journée également pour sa propre survie? La notion de monstre n’est-elle pas définie par une majorité qui prédomine? Il existe dès lors une inversion : si dans notre société actuelle, le vampire apparaît comme un mythe, dans celle du roman, l’être humain devient une légende dont Robert Neville est le dernier représentant.

En conclusion, je ne tarirai pas assez d’éloges pour qualifier Je suis une légende de Robert Matheson : haletant, efficace, doté d’une écriture fluide et résolument moderne dans sa conception du vampirisme, il possède également des clefs de réflexion très intéressantes. Il est, de plus, très différent de l’adaptation cinématographique de 2007 et si vous ne l’avez pas encore lu, sans doute, serez-vous très surpris par sa fin tout comme je l’ai été.

Participe au S4F3

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21 réflexions sur “Je suis une légende de Richard Matheson

  1. J’ai beaucoup aimé ce roman, je l’avais lu d’une traite, un soir (mauvaise idée^^). Et je suis d’accord avec toi, c’est vraiment un classique du genre. Par contre j’ai détesté le film ! :s

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  2. J’ai adoré ce bouquin. Et tu lui rend justice avec ta chronique.
    Je l’ai trouvé très moderne dans son expression du vampire, et de cette société, mais aussi l’éclairage sur Neuville, très émouvant (je ne me remttrait jamais de la perte du chien, comme quoi une simple phrase peut avoir un effet remarquable…)

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  3. Il y a quelques mois je découvrais que le film (comme beaucoup d’autres finalement, où est l’originalité dans le cinéma…) était tiré du livre. Il fait maintenant partie de ma Wishlist et j’espère me le procurer un de ces jours si je le croise. Autant j’avais apprécié le film sans en être totalement fan (je crois que c’est plus l’idée générale du film et le jeu d’acteur de Will Smith que j’ai apprécié car le reste n’est pas exempt de tout reproche), autant comme tu dis le livre à l’air bien différent, mais cela se vérifie pour bon nombre de récit au final. Merci pour ce retour qui me donne encore plus envie de me le procurer.

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  4. Une légende, ce roman, doublé d’un classique. Difficile d’arrêter de tourner les pages une fois débuté.
    Pour compléter, il n’y a pas que le film avec Will Smith comme adaptation : il y a un film de 1964 avec le me^me titre ou The last man of earth.
    Et il y a aussi Le Survivant en 1971, plus « burné » avec Charlton Heston.
    Des films un peu daté mais qui valent le coup d’oeil.

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  5. j’avais également vu le film avant d’avoir lu le livre. Les deux sont intéressants, dans des genres différents. Du livre j’ai gardé une impression de tristesse (l’épisode du chien, ou encore les évocations de la femme du héros), d’évocation d’un homme forcé à la solitude. Dur mais fort bien exprimé.

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  6. Je trouve ça dommage que cette histoire soit connue de beaucoup par sa seule adaptation de 2007. Personnellement, je trouve que le film trahit un peu l’esprit du livre. Contrairement à d’autres adaptations, je n’ai pas perçu ses modifications comme un besoin d’adapter certains points au support cinématographique (scènes d’action différentes pour les effets visuels, mises en avant de certains personnages pour accroître la tension dramatique ou la beaugossitude, passage sous silence des intrigues secondaires parce qu’on a que 2h…), mais comme une modification du matériau de base. La morale est totalement inversée dans le film et ne respecte pas l’idée de l’auteur (la fin n’est pas du tout la même et n’a pas du tout la même signification). Ce peut être un bon film en soi, mais pas une bonne adaptation, pour moi en tout cas. Je préfère dire que ce sont deux histoires différentes avec un concept de base assez proche. Le livre défend des idées bien plus intelligentes à mon sens et mérite d’être connu pour ce qu’il est réellement. Donc oui, il faut le lire et j’espère que cette chronique encouragera de nombreux lecteurs à l’ajouter à leur PAL. 😉

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