Neuf contes de Margaret Atwood

1c543001-a12e-4470-80a9-3224f8ba20c4

Quatrième de couverture :

Une écrivaine de fantasy récemment veuve se laisse guider à travers un hiver glacial par la voix de feu son époux. Une dame âgée, victime d’hallucinations, apprend peu à peu à accepter la présence des petits hommes qui ne cessent de surgir à ses côtés, tandis que des militants populistes se rassemblent pour mettre le feu à sa maison de retraite. Une femme née avec une malformation génétique passe pour un vampire.
Un crime commis il y a longtemps se voit vengé dans l’Arctique par un stromatolithe vieux de 1,9 milliard d’années… Dans ce recueil composé de neuf contes poétiques et satiriques empreints d’une ambiance gothique, Margaret Atwood, la grande dame des lettres canadiennes, s’aventure dans des ténèbres explorées avant elle par des auteurs tels que Robert Louis Stevenson, Daphné Du Maurier ou Arthur Conan Doyle – ainsi que par elle-même, dans son roman adapté en une série TV unanimement saluée par la critique, Captive.

Éditeur : Robert Laffont

Nombre de pages : 320

Prix : 21.00€

Date de publication : 12 Avril 2018

Mon Avis :

C’est mon club de lecture du mois de janvier qui m’a proposé de lire et de présenter ce recueil de nouvelles de Margaret Atwood pour la prochaine séance de février. Étant donné que j’avais lu au préalable La servante écarlate qui avait été un énorme coup de cœur, j’ai tout de suite été emballée à l’idée de le faire ! Malheureusement, cette lecture a été un calvaire, pratiquant pour la première fois la procrastination ! Dix jours, il m’aura fallu pour en venir à bout l’abandonnant plusieurs fois puis traînant les pieds pour m’y remettre !

Comme son nom l’indique, son recueil est composé de neuf nouvelles allant d’une dizaine de pages à une cinquantaine. Si aujourd’hui Margaret Atwood est largement connue comme auteure de SFFF, le synopsis du recueil sous-entend par son champ lexical (que je vous ai mis en exergue ci-dessus) qu’il appartient au même registre. Le but de l’éditeur ? Attirer le lectorat des Littératures de l’Imaginaire. Malheureusement, le procédé est un peu cavalier : les éléments SFFF sont effectivement bien présents dans les textes mais n’en constituent absolument pas la trame principale. Et en tant que lectrice de ce genre, je me suis sentie trompée ! Au niveau de mon blog, j’ai donc décidé de ranger cette chronique dans Les lectures diverses de mon arborescence et non dans les Littératures de l’Imaginaire.

Le recueil débute sur trois nouvelles (Alphinland, Revenante, La Dame en noir) qui se répondent un peu à la manière d’un fix up (d’ailleurs, j’ai cru que tout le recueil suivrait cette logique mais dès la quatrième, il n’en est rien). Hormis le fait que le personnage de Constance soit auteure d’un roman de fantasy adapté par la suite en jeu vidéo (si j’ai bien compris), aucun autre élément ne se raccroche au genre de l’imaginaire. Et, pour ma part, je me suis terriblement ennuyée, ne prenant aucun plaisir à suivre les tribulations de ces quatre personnes âgées qui se sont connues du temps de leur jeunesse, dans les années 60.

En revanche, la quatrième (Lusus naturae) et cinquième nouvelle (Le mari lyophilisé) ont retenu toute mon attention grâce à leur appartenance au registre gothique. Dans Lusus naturae, une petite fille est atteinte d’hypertricose (maladie qui se caractérise par une pilosité importante) et fait le malheur de sa famille. Afin de permettre à sa sœur de se marier, les parents organisent alors sa mort… Malheureusement, le plaisir de cette lecture a été de courte durée car elle ne faisait qu’une dizaine de pages. Je me suis sentie frustrée et j’aurais voulu en savoir un peu plus.
En revanche, j’ai beaucoup apprécié Le mari lyophilisé : Sam travaille dans le secteur de l’Antiquité et participe parfois à des ventes aux enchères du contenu de garde-meuble. Or, les résultats peuvent s’avérer aléatoires car il ne sait jamais ce qu’il peut y trouver… Si la nouvelle met du temps à démarrer à cause des circonvolutions dus au style d’écriture de Margaret Atwood, la fin et la chute ouverte m’ont beaucoup plu.

La sixième nouvelle (Je rêve de Zenia aux dents rouges et brillantes) n’a pas retenu mon attention et je l’ai lu en lecture rapide.

Pour ce qui est de la septième nouvelle (La Main morte t’aime), on peut aussi la raccrocher au registre gothique. Jack, étudiant en philosophie, vit en colocation avec  Jaffrey, Rod et Irena. Malheureusement, la priorité du jeune homme n’est pas de payer son loyer ce qui lui attire les foudres de ses colocataires. Ils décident alors de passer un contrat : si Jack parvient à faire éditer son roman La Main morte t’aime, les bénéfices engendrés seront divisés entre les quatre colocataires. Or, contre toute attente,  le roman de Jack devient un succès commercial… Ce texte est caractérisé par son ton satirique. Si au long de ma lecture, je trouvais le récit enchâssé du roman de Jack un peu grotesque, l’auteure elle-même n’y va pas de main morte ! (Oui, je sais ! Je n’ai pas pu m’en empêcher !)

« Pour voir le bon côté des choses, La Main morte t’aime a rencontré un franc succès dans son domaine, même si ce domaine était négligé par les lecteurs cultivés. Comme son éditeur disait : « Ouais, c’est de la merde, mais c’est de la bonne merde ».  (p .227)

La huitième nouvelle Matelas de pierre est un récit de vengeance dans le genre du polar : lors d’une croisière en Arctique, une femme âgée décide de se venger d’un homme qu’elle a connu lorsqu’elle avait quatorze ans. Sans plus…

Enfin, si dernière nouvelle Les vieux au feu possède un ton satirique très fort et remet en question la façon dont la société traite les personnes âgées, là encore, je n’ai pas été emballée.

En conclusion, Neuf contes a été une lecture âpre et difficile qui a réussi à maintenir mon intérêt seulement le temps de trois nouvelles (Lusus naturae, Le mari lyophilisé pour leur accent gothique et La Main morte t’aime pour son ton satirique). Pour le reste, je me suis profondément ennuyée et le fait que je me sois sentie trompée à la lecture du synopsis, n’a pas vraiment arrangé les choses. Bref, une lecture de Margaret Atwood que je ne recommanderai pas.

8 réflexions sur “Neuf contes de Margaret Atwood

  1. J’ai lu d’elle C’est le cœur qui lâche en dernier. Si la thématique dystopique était intéressante, je n’avais pas trop adhérer à son style ni à sa façon de traiter la deuxième partie du roman. Ce que tu dis me fait penser qu’elle est assez inégale dans ses écrits.

    Aimé par 1 personne

  2. Mince, en voyant le titre et le nom de l’auteur je me suis dit que ça me conviendrait tout à fait, mais après avoir lu ta chronique je ne pense pas. Merci de m’épargner cette lecture du coup ^^

    Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s