BIOS de Robert Charles Wilson

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Quatrième de couverture : 

La lointaine Isis est un monde luxuriant, à l’écosystème complexe. Un monde classé zone de biomenace de niveau 4. La moindre molécule de son biotope suffit à tuer un être humain au terme d’une horrible agonie.
Et pourtant, Isis constitue la découverte la plus prometteuse de ce XXIIe siècle : berceau d’une vie fondamentalement différente, elle pourrait en miroir éclairer notre propre nature.
Zoé Fisher a été conçue pour explorer Isis. Son organisme a été génétiquement optimisé pour s’adapter à l’environnement inhospitalier de cette planète ; sa personnalité patiemment construite autour de cette seule mission.
Quels dangers imprévus Zoé devra-t-elle affronter sur ces terres grandioses et meurtrières ? Lui faudra-t-il sacrifier son humanité, voire son existence même, pour en découvrir tous les secrets ?

Editeur : ActuSF

Nombre de pages : 300 pages

Prix : 18,90€

Date de publication : 2 Mai 2019

Mon Avis : 

Il y a deux ans, Le chien critique avait organisé un challenge Robert Charles Wilson sur son blog dans lequel il était question de lire la bibliographie de l’auteur. Si je n’y avais pas participé, j’avais suivi avec attention la participation de mes blogopotes, Célindanae du blog Au Pays des Caves Troll et l’hôte du fameux challenge. Leurs avis avaient été un peu mitigés sur BIOS car leurs préférences allaient vers d’autres romans de Robert Charles Wilson : Spin et Les Affinités. Pour ma part, BIOS est une découverte littéraire et je remercie à ce titre les éditions ActuSF de me l’avoir envoyé. J’ai beaucoup apprécié ma lecture et je me dis que si mes camarades ont préféré d’autres romans de l’auteur, le meilleur reste à venir pour moi!

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Zoé Fischer dessinée par Cindy Canévet, l’illustratrice de la couverture de BIOS

Au XXIIème siècle, les Humains ont colonisé le système solaire : ils se sont en effet installés sur la Lune, Mars et la ceinture de Kuiper. Et bien plus loin encore, ils souhaiteraient exploiter une nouvelle planète : Isis. Cette dernière possède en effet un biotope des plus intéressants mais qui s’avère également fatal à l’être humain. Or, sur Terre, les Grandes Familles oligarchiques comme les Trusts ne reculent devant rien pour exploiter les richesses d’Isis. Leur entreprise Mécanismes & Personnels conçoit Zoé Fischer génétiquement modifiée pour qu’elle puisse survivre à un environnement particulièrement hostile. La jeune femme rejoint alors la station orbitale déjà installée sur place mais un imprévu s’est produit avant même son départ. Son médecin Anna Chopra a rompu son serment d’Hippocrate en désactivant son thymostat présent dans son organisme et censé maîtriser ses émotions. Cela va-t’il compromettre sa mission ou bien libérer la jeune femme?

Comme je le disais en introduction, mes deux blogopotes avaient eu quelques réticences à propos de ce roman, notamment au niveau des personnages. Et de ce point de vue, je suis plutôt d’accord avec eux. En effet, Robert Charles Wilson fait intervenir un certain nombre de personnages présents sur la station orbitale mais aussi sur les avant-postes installés sur la planète Isis, notamment dans l’Océan, sur la zone continentale (Yambuku) et sur la zone polaire. Or, plusieurs d’entre eux succombent rapidement soit d’un accident, soit à cause d’un mystérieux virus. Du coup, il est difficile pour le lecteur de s’attacher à eux. La seule exception tient à Zoé Fischer qui prend un peu le devant de la scène et dont le passé est révélé au fur et à mesure de l’intrigue. De plus, la jeune femme privée de son thymostat, ne comprend pas vraiment ce qui lui arrive et semble un peu perdue. Le lecteur ressent alors de l’empathie pour elle.

En revanche, j’ai beaucoup apprécié le côté Planet opera du roman avec l’exploration de la planète Isis aux côtés de Zoé. Je n’ai pas vraiment l’habitude de lire des récits de Science Fiction, aussi cette lecture s’est avérée très exotique pour moi. En effet, la première sortie de Zoé de la base de Yambuku m’a particulièrement dépaysée et a attisé ma curiosité : survolant la zone à partir de son télésenseur libellule (sorte de prototype volant à une place), elle découvre d’en haut le biotope luxuriant de la planète, notamment la végétation et des animaux très intriguants surnommés les mineurs. Or, c’est là que réside le sens of wonder de cette scène car la beauté des paysages entre aussi en opposition avec sa dangerosité pour l’être humain.

Enfin, j’ai beaucoup aimé l’intrigue : si elle possède parfois quelques longueurs, elle est également menée à la manière d’un thriller horrifique faisant monter la tension crescendo. L’ennemi n’est pas un alien dans le sens « grosse bébète monstrueuse » qui attaque l’homme au coin d’un couloir sombre d’une station spatiale. Au contraire, il est plutôt invisible à la manière d’un virus et semble progresser inéluctablement, ce qui le rend d’autant plus dangereux. De plus, bien que je m’attendais à l’issue de l’intrigue, l’épilogue au contraire s’est révélé très surprenant.

En conclusion, je reconnais que BIOS possède quelques défauts : à savoir des personnages auxquels il est difficile de s’attacher et une ou deux longueurs dans l’intrigue. Mais, le merveilleux qui émane des explorations de Zoé Fischer sur la planète Isis (qui m’a parfois rappelée quelques scènes du film de James Cameron, Avatar) combiné à une tension montant crescendo m’auront convaincue. Mes deux blogopotes ont préféré Spin ; or, il se trouve que le hasard faisant bien les choses, j’ai trouvé ce roman hier dans un déclassement des bibliothèques. Nul doute que cette lecture aura tout à fait sa place à venir pour les prochains mois dans ma PAL… Affaire à suivre!

7 réflexions sur “BIOS de Robert Charles Wilson

  1. C’est sûr, Spin est meilleur. Mais personnellement, BIOS m’a énormément marqué, et ce sur beaucoup de plans. La preuve, j’en ai un souvenir très vif, alors que je l’ai lu il y a tellement longtemps que je ne me souviens même plus quand c’était. Je pense que ce qui a déplu à nos deux camarades est que l’humain est au centre des autres livres de l’auteur, alors qu’ici, le vrai personnage est la planète.

    Aimé par 3 personnes

  2. Comme le dit Apophis, l’auteur est connu pour ses personnages finement travaillés, ce qui pèche clairement ici. Mais la découverte vaut le coup d’oeil et ses aliens valent le détour. C’est aussi une autre force de Wilson, ses ET sont fondamentalement autres, il faut oublier son anthropomorphisme pour tenter un début de compréhension de leur modes de vie.
    Ce qui m’a dérangé aussi, c’est que j’avais l’impression de plus connaître la Terre que Isis.
    Cela reste néanmoins un très bon livre sur la découverte d’une exoplanète, et sur la thématique du contact. La déception vient des standards dont nous a habitué l’auteur.

    Aparté : il y a Spin, les Affinités, mais il ne faut pas oublier Les chronolithes, Le vaisseau des voyageurs, A travers temps… Faut tout lire sa bibliographie en fait.
    Car il ne faut jamais oublié le principal : Si tu as le spin, mets un Robert dans ton lit

    Content que tu ais apprécié ce roman de SF, et que l’envie de découvrir ses autres romans te titillent.

    Et j’ai oublié, déclassé Spin, une ineptie !!!!

    Aimé par 2 personnes

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