Noces d’écailles d’Anthelme Hauchecorne et Loïc Canavaggia

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Quatrième de couverture : 

Octobre 1345, Comté de Bourgogne.

Fuyant la colère du baron, Aymeric Jodelet, peintre et coureur de jupons, doit s’exiler de son village. L’artiste trouve refuge dans la forêt voisine, au mépris des superstitions. Selon les paysans, un monstre y rôderait : la Vouivre, dont les griffes déchireraient les intrus.

Une fable, rien de plus ?

À l’automne, les sentiers sylvestres mènent n’importe où. Parfois jusqu’à l’inconnu.

Éditeur : Le chat noir

Nombre de pages : 106

Prix : 35,00€

Date de publication : Juin 2019

Mon Avis : 

Ayant déjà eu quelques coups de coeur parmi les publications du Chat noir, il n’a pas été difficile de me convaincre de contribuer au financement participatif de ce roman graphique : Noces d’écailles d’Anthelme Hauchecorne pour les textes et Loïc Canavaggia aux illustrations. De prime abord, je vous avoue qu’au niveau visuel, je n’étais pas si emballée que cela lorsque je l’ai feuilleté, mais au final je me suis également beaucoup régalée avec les textes pendant ma lecture!

Au XIVème siècle, en Bourgogne, Aymeric Jodelet est un peintre déchu pour avoir percé à jour le secret du Baron de Beaumont. Privée de sa clientèle, il noie son désespoir et son ennui dans l’alcool, à l’auberge de son village. Mais un jour, bien éméché, il a failli éventer le secret et a été sauvé de justesse par son ami l’aubergiste. Cet incident ne tarde pas à arriver aux oreilles du Baron qui le condamne à la pendaison pour éviter tout nouveau risque de divulgation. Aymeric doit alors trouver refuge au coeur de la forêt interdite, dans les ruines du château de Ronsard. C’est là qu’il rencontre une mystérieuse jeune fille, sale et simple d’esprit, prénommée Gwybère…

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Le récit principal prend la forme d’un journal biographique écrit par le peintre Aymeric et à destination de sa fille naturelle Constance qu’il a abandonnée des années plus tôt. Il est également entrecoupé d’archives de la Bibliothèque du Baron de Beaumont provenant d’une seule et même source : le Drachendämmerung. Cet ouvrage fictif met en scène les membres d’une guilde d’alchimistes qui auraient étudier les dragons pour parfaire leurs connaissances mais également la lutte de chasseurs spécialisés dans l’extermination de ces créatures. Quasiment chaque page est illustrée et chaque dessin est en rapport direct avec le texte que ce soit pour le conte principal (illustrations de la faune de la forêt, d’un bestiaire fantastique et des personnages principaux comme Gwybère, Aymeric, le Baron etc…) ou pour les archives (avec un rendu sous forme de parchemin et un bestiaire de dragons). Les dessins peuvent être soit de couleur, soit au crayonné sur un fond sépia qui laisse à penser à un cahier de croquis. Le tout donne un rendu très immersif dans l’univers imaginé par Anthelme Hauchecorne et Loïc Canavaggia.

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Quant au texte, il possède plusieurs sources d’inspiration comme la Vouivre qui est une créature fantastique très présente dans l’imaginaire médiévale : il s’agissait d’un dragon ou d’un serpent ailé qui vivait près d’un cours d’eau et qui pouvait prendre l’apparence d’une jeune femme séduisante. Elle possédait également un bijou, l’escarboucle qui lui assurait l’immortalité. La Vouivre n’est pas sans rappeler l’Odyssée avec les Sirènes à tête de femme et à corps d’oiseau qui par leur chant attiraient les marins imprudents dans les récifs. Un autre épisode concernant le secret du baron m’a également fait penser au Roi Midas atteint d’une difformité qu’il essayait de cacher aux yeux de ses sujets ; un thème repris par la suite dans le cycle arthurien avec le roi Marc, l’époux légitime d’Yseult.

Pour finir, j’ai beaucoup aimé suivre l’intrigue de Noces d’écailles. Il possède quelques rebondissements et certains secrets sont révélés au fur et à mesure de la lecture. Quant à l’univers, il est fouillé et ne manque pas de profondeur. Les personnages sont également très bien esquissés et ne présentent aucun manichéisme. Malgré leurs défauts, le lecteur s’attache à eux.

En conclusion, Noces d’écailles est un roman graphique au visuel impeccable qui aide le lecteur à s’immerger dans un univers développé. Les dessins sont de toute beauté et en rapport avec le texte. Quant à ce dernier, s’il trouve ses inspirations dans la mythologie grecque et médiévale, l’intrigue n’en reste pas moins intéressante et les personnages bien écrits et agréables à suivre. Bref, un nouveau petit coup de coeur pour Le Chat Noir!

Autres Avis : 

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12 réflexions sur “Noces d’écailles d’Anthelme Hauchecorne et Loïc Canavaggia

  1. Je l’ai noté dans ma liste d’achat suite aux avis très positifs que j’ai pu lire sur la blogosphère. Ton article me donne encore plus envie de me le procurer rapidement ! 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. J’avais découvert le travail de Loïc Canavaggia à Trolls&Légendes il y a plusieurs années et je crois que certains croquis se retrouvent dans ce livre graphique d’une superbe qualité. J’imagine sans mal la plume d’Anthelme Hauchecorne parfaitement s’insérer dans cet univers. Un bel objet/livre s’il en est (par contre je savais pas du tout que c’était le Chat Noir qui publiait ce livre).

    Aimé par 1 personne

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