Le dieu oiseau d’Aurélie Wellenstein #PLIB2019

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Quatrième de couverture : 

Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l’île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du  » banquet  » : une journée d’orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires. Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses.
Enfin, la nouvelle compétition est sur le point de commencer. L’occasion pour Faolan de prendre sa revanche. Sa vengeance aura-t-elle le goût du sang ?

Editeur : Scrinéo

Nombre de pages : 336

Prix : 16,90€

Date de publication : 29 Mars 2018

#ISBN9782367405827

Mon Avis : 

D’Aurélie Wellenstein, j’avais déjà lu Le Roi des Fauves il y a trois ans et je n’avais pas du tout aimé. Et très honnêtement, si Le Dieu Oiseau n’avait pas fait partie de la sélection du Jury du PLIB 2019, il y a fort à parier que je ne me serais jamais lancée dans ce roman. Et pourtant quelle erreur! Si les avis des Blogopotes m’avaient peut-être laissée entrevoir une petite chance d’accrocher, ma lecture quant à elle m’a complètement convaincue, au point d’en faire l’un de mes favoris pour le PLIB!

Depuis cinq cent ans existe une tradition sanguinaire sur l’île : en effet, tous les dix ans, les dix clans doivent s’affronter lors de dangereuses épreuves. Celui qui gagne, le Grand Orateur, va non seulement régner sur l’île mais peut faire ce qu’il veut des perdants. C’est ainsi que Faolan a vu sa famille mourir lorsqu’il avait dix ans, dévorée à l’occasion du Grand Banquet. Le jeune garçon n’a dû sa survie qu’au fils du Grand Orateur, Torok qui en a fait son esclave et son souffre-douleur pendant dix ans.
Toutefois, l’espoir renaît pour Faolan car dans quelques jours vont avoir lieu de nouveau les terribles épreuves et rien ne l’arrêtera pour non seulement venger sa famille mais aussi retrouver sa liberté…

Le sacrifice d’adolescents pour le bien commun

Le roman d’Aurélie Wellenstein reprend un thème connu de la mythologie et de la Littérature : celui des adolescents sacrifiés pour le bien commun. Je citerais ainsi deux exemples :

  • Celui de Thésée et le Minotaure. Chaque année, la Crète exigeait de la ville d’Athènes le sacrifice de sept jeunes filles et sept jeunes garçons afin de servir de pâture au fils du Roi de Crète, le Minotaure. Ce dernier était un monstre terrifiant mi-homme, mi-taureau, enfermé dans un Labyrinthe. Thésée s’enrôle alors parmi les jeunes gens pour tuer le Minotaure et ainsi sauver sa patrie de la domination de la Crète.
  • Celui de la trilogie de Hunger Games de Suzanne Collins et inspiré également du roman japonais, Battle royale de Koshun Takami. Ainsi, des adolescents sont tirés au sort parmi les douze districts afin de participer aux Jeux de la Faim et s’affronter les uns les autres jusqu’au dernier. Cette compétition a ainsi pour but d’assurer au pouvoir central, la paix civile et éviter toute vélléité de révolte parmi son peuple. 

Dans le Dieu Oiseau, il s’agit du même principe : chaque clan doit désigner à l’issue des premières sélections leur champion parmi des jeunes gens de 15-20 ans. Ces épreuves mortifères sont au nombre de cinq (la nage, l’escalade, les animaux, la lutte et la course) qui les aideront pour la compétition finale : celui de la quête de l’œuf d’or sur une île lointaine. Cette compétition est un pacte passé avec les Dieux notamment le Dieu Oiseau, Mahoké qui assure la subsistance des clans sur l’île pendant dix ans en échange de sang versé, le fameux Grand Banquet. Et c’est là qu’intervient un gros bémol du roman : sa très grande violence. Aurélie Wellenstein n’épargne pas son lecteur et les détails de tortures, de meurtres et de sacrifice risquent peut-être de choquer les plus sensibles. 

Aurélie Wellenstein s’inspire de deux civilisations pour construire l’univers de son roman

Difficile de ne pas penser à l’Ile de Pâques et à la culture polynésienne à la lecture du Dieu Oiseau. En effet, la première partie du roman se déroule sur une île dont on ne connaît pas le nom et sur laquelle vivent dix clans. Or, la surpopulation et la diminution des ressources de l’île menacent gravement l’existence des humains et la fin de leur civilisation. C’est la raison pour laquelle ils procèdent à des sacrifices non seulement pour réduire le nombre de bouches à nourrir mais aussi pour apaiser leurs dieux comme Mahoké grâce à la Quête de l’oeuf d’or. Cela fait directement référence à la divinité à tête d’oiseau polynésien Makémaké venu apporter un œuf sur île et donnant ainsi vie à l’espèce humaine.

Quant à la présence de temples en forme de pyramides dans les cités de l’île, elles font penser à la civilisation aztèque. En effet, les sommets de ces pyramides sont le lieu de cérémonies sacrificiels dans lesquelles des prisonniers de guerre ou des perdants aux compétitions sont attachés et tués. Tout comme les Aztèques, ils mangent le coeur de leurs victimes pensant que cela leur permettraient d’acquérir leur force et leur vertus guerrières.

Ces deux inspirations donnent une certaine originalité au roman dans le sens où ces deux civilisations sont encore relativement peu exploitées dans les Littératures de l’Imaginaire, en France. 

Un aspect psychologique non négligeable

Enfin, je terminerai sur la psychologie développée et réussie des deux personnages principaux : le fils du chef de clan, Torok et son esclave Faolan. En effet, Aurélie Wellenstein les a tous les deux doté de caractéristiques psychologiques très spécifiques :

  • Torok est atteint de psychopathie et de sadisme. Il prend un malin plaisir à torturer physiquement et psychiquement son esclave, à l’humilier et à le pousser à la faute pour pouvoir le punir. Il justifie son comportement auprès de Faolan en lui disant qu’il ne veut que son bien.
  • Quant au personnage de Faolan, j’ai trouvé son traitement assez brillant. En effet, difficile de savoir pour le lecteur si l’esclave assiste réellement à des évènements fantastiques (le fantôme d’un personnage mort, la présence d’un dieu oiseau) ou s’il est atteint de troubles schizophréniques (hallucinations auditives et visuelles, auto-mutilations, etc…). De plus, il a développé une relation des plus complexes avec son maître basée sur la Haine/Amour. 

Si les deux personnages principaux et masculins possèdent des personnalités développées, dommage toutefois que les personnages féminins et secondaires comme Izel et Aracela n’aient pas bénéficier du même traitement.

En conclusion, le roman du Dieu oiseau possède un univers riche et original qui puise autant dans des mythes existants (les adolescents sacrifiés) que dans des civilisations peu appréhendées en Littérature de l’Imaginaire (civilisation polynésienne et aztèque). L’intrigue possède également peu de temps morts ce qui donne un certain dynamisme à la lecture mais quelques passages très violents pourront peut-être freiner les plus sensibles d’entre nous. Quant aux deux personnages principaux, ils possèdent tous les deux une psychologie très développée. Le dieu oiseau est donc une excellente surprise qui se place parmi mes favoris pour le Prix du PLIB 2019.

Autres Avis : 

Blackwolf

Le Bibliocosme

Elhyandra

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Ce roman participe au Challenge #S4F3s5

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