Princesses d’ivoire et d’ivresse et Princesses d’ambre et d’Italie de Jahyra

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Quatrièmes de couverture : 

Princesses d’ivoire et d’ivresse : Il est des récits qui marquent, des discours qui fascinent et d’autres qui vous arrachent à ces derniers. C’est de ces contes fiévreux dans lesquels on ne s’aventure que l’esprit embrumé, noyé dans les délicatesses d’un âtre en hiver, de ces livres d’images, aux estampes de lys et d’éternels palais que Jahyra vous emporte, comme éclairant les sentiers d’un merveilleux délaissé ou trop longtemps perdu. Désormais nulle aube ne saurait faire oublier ces princesses d’antan, que vous pourrez admirer sans relâche si l’envie vous en prend.

Princesses d’ambre et d’Italie : N’avez vous jamais contemplé au delà des antiques eaux de Thyrée et d’Adria ? Où les symphonies d’un ressac virtuose sculptent les côtes et falaises d’une terre baignée d’un soleil d’ambre. Cet avallon furieux où s’échaudent les esprits et naissent les plus belles fleurs. Mais de ce jardin enjôleur, sachez vos mains gardez de ses charmes impétueux. Car il n’est nul poète, ni prince ni même roi que ne s’y tint sans blessures. Certains en perdirent la tête… Toi qui ouvre ce recueil, souviens-toi de ces rêveries où les cuirasses étincelantes furent percées de la plus belle des lances …

Autoédition : livres disponibles directement sur le site de Jahyra

Nombre de pages : 86 pages pour le premier et 80 pages pour le second

Prix : 22,00€ Chacun

Dates de publication : Mai 2018 pour le premier et Octobre 2019 pour le second.

Mon Avis : 

En novembre de l’année dernière, lorsque j’avais participé au projet de financement de Noces d’écailles d’Anthelme Hauchecorne et de Loïc Canavaggia sur Ulule, j’étais tombée complètement par hasard sur celui de Jahyra. Et je dois bien avouer que non seulement les magnifiques dessins inspirés de l’Art Nouveau de Princesses d’ambre et d’Italie ont accroché mon regard mais les contes ayant pour cadre l’Italie m’ont complètement convaincue de participer!

Les deux bandes dessinées de Jahyra sont une adaptation des contes de Jean Lorrain réunis dans un recueil intitulé Princesses d’ivoire et d’ivresse et publié en 1902. Ce dernier est divisé en cinq parties : Princesses d’ivoire et d’ivresse est la première et comprend cinq contes tandis que Princesses d’ambre et d’Italie est la troisième et en réunit trois. La seconde partie Princesses de nacre et de caresse fera l’objet d’une troisième adaptation de la part de Jahyra.

À l’origine, un financement participatif…

Comme je l’ai dit en introduction, j’ai découvert cette bande dessinée grâce à Ulule. Et il semblerait que le projet Princesses d’ambre et d’Italie ait remporté son petit succès puisqu’il a été financé à plus de 252% de son montant initial (4000€). Pour ma part, j’avais pris la contribution « La Baronne » qui me permettait de recevoir celui qui était financé (Princesses d’ambre et d’Italie) et celui sorti l’année d’avant (Princesses d’ivoire et d’ivresse) ainsi que tous les goodies débloqués pendant la campagne de financement. Et là, je dois dire que les contributeurs ont été gâtés car moi qui adore l’Art Nouveau, j’ai été servie!

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Livres et goodies reçus de la campagne Ulule 2018 de Jahyra
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Les trois prints représentent en haut à gauche Illys issue du conte La Princesse aux miroirs, en haut à droite Ilsée du Conte du Sabbat dans le premier tome et en bas Grimaldine du conte éponyme Grimaldine aux crins d’or présent dans le second tome.
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Enfin, trois stickers et un pins dans le style Art nouveau ainsi qu’un miroir représentant Ilsée complétaient l’ensemble. 

…d’une adaptation en bande dessinée…

D’un point de vue visuel, les deux bandes dessinées sont magnifiques et Jahyra a livré des livres-objets de qualité :
– les couvertures cartonnées présentent chacune un dessin en couleur d’inspiration Art Nouveau pour le premier et Renaissance pour le second sur fond noir avec un titre en relief doré.
– les pages à l’intérieur sont épaisses et les dessins ont été imprimés sur un papier mat. Le titre de chaque conte est orné d’un dessin en couleur tandis que le conte en lui-même est illustré de dessins en noir et blanc encadrés de lignes dorées représentant différents styles artistiques : le coup de fouet pour l’Art Nouveau, les volutes pour le baroque, l’arabesque pour le style oriental, les cartouches pour le style néo-égyptien ou les motifs floraux grecs pour le style néo-classique.

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La Princesse Ilsée dans la Princesse au Sabbat (les lignes dorées reprennent le motif du coup de fouet représentatif de l’Art Nouveau)

De plus, Jahyra a choisi pour ses différents contes un contexte historique soit bien défini comme le Moyen Age (La Princesse aux Lys rouges ou La Princesse des chemins), la Renaissance (Grimaldine aux crins d’or) ou la fin du XIXème – début XXème siècle (La Marquise de Spolète) soit fantasmé comme la période égyptienne (La Princesse aux miroirs).
En revanche, j’aurais une petite remarque à faire en ce qui concerne le choix de la période dans le conte de la Princesse Ottilia : dans le texte original de Jean Lorrain, l’intrigue prend place dans un contexte médiévalisant. Or Jahyra a fait le choix de l’inscrire dans une période héllénisé, ce qui est une bonne idée. Le seul souci, c’est que parfois le contexte et le vocabulaire du texte ne collent pas forcément avec la période représentée par les dessins. Par exemple, le texte fait état de vitraux qui n’existaient pas à l’époque grecque.

… des contes de Jean Lorrain.

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La Princesse Grimaldine

Avant ma lecture des deux adaptations en bande dessinée de Jahyra, je ne connaissais absolument pas le recueil de contes Princesses d’ivoire et d’ivresse ni son auteur Jean Lorrain.  Si je dois être sincère, autant j’ai beaucoup apprécié la forme des contes avec un style d’écriture très poétique, autant j’ai peu aimé le fond :

  • En effet, dans la majorité des contes, je trouvais la construction du récit plutôt linéaire, convenue et sans véritablement rebondissement ; quant au dénouement, il me laissait perplexe. Par exemple, lorsque j’ai lu le premier conte de Princesses d’ivoire et d’ivresse, intitulé La Princesse aux lys rouges, je n’ai pas compris la chute. Au début, j’ai cru que le souci venait de l’adaptation de Jahyra. J’ai donc lu toutes les textes originaux de Jean Lorrain disponibles sur ce site afin de pouvoir faire une comparaison. Or, le travail de Jahyra n’est absolument pas en cause car finalement, elle a uniquement enlevé le superflu. En revanche, le problème vient bien des contes originaux de Jean Lorrain qui selon moi sont pauvres d’un point de vue scénaristique.
  • Jean Lorrain s’inscrit dans la mouvance des « décadents » très en vogue à la fin du XIXème siècle, début du XXème siècle. Ses contes tels qu’il les dépeint sont donc cruels et ils finissent la plupart du temps mal (excepté pour Grimaldine aux crins d’or qui est l’un de mes préférés car je l’ai trouvé plus subtil). Et dans ce cadre, rentre en jeu une image particulièrement négative de la femme mais en accord avec les mœurs de l’époque. C’est simple, dans les contes, les femmes sont soit des victimes (La Princesse des chemins et la Princesse Ottilia), soit des tentatrices malfaisantes (La Princesse aux lys rouges), narcissiques (La Princesse au sabbat), futiles (La Princesse aux miroirs) arrogantes et infidèles (La Marquise de Spolète).

En conclusion, je ne regrette pas d’avoir participé au financement du projet de Jahyra car son travail est de grande qualité : son livre-objet est magnifique et ses dessins très réussis. J’accroche vraiment beaucoup à son esthétique. En revanche, j’ai moins goûté aux contes en eux-mêmes : le problème ne vient absolument pas de l’adaptation en bande dessinée de Jahyra qui a été bien faite mais bien des textes originaux de Jean Lorrain finalement un peu fades. Sur les huit contes, j’en aurais finalement apprécié trois : la Princesse au Sabbat, Grimaldine aux crins d’or et La Marquise de Spolète.

4 réflexions sur “Princesses d’ivoire et d’ivresse et Princesses d’ambre et d’Italie de Jahyra

  1. Je vais passer pour cette fois, même si les dessins sont magnifiques, car la vision de la femme proposée dans ces contes devrait vite m’énerver (je suis beaucoup moins patiente sur la question depuis quelque temps ^^)

    Aimé par 1 personne

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