D’or et d’émeraude d’Eric Holstein

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Quatrième de couverture : 

Simon, 25 ans, arrive en Colombie sur les traces de ses ancêtres. Quatre cents ans plus tôt, Gonzalo Jiménez de Quesada pose, pour sa part, le pied sur l’Altiplano, la terre ancestrale des Indiens muiscas. Ils ne se connaissent pas et pourtant, leurs destins sont liés…

Editeur : ActuSF – Collection Hélios

Nombre de pages : 470

Prix : 8,90€

Date de publication : 7 Septembre 2017

Mon Avis : 

Je vous avoue que j’avais débuté ma lecture avec un peu d’appréhension! En effet, j’ai proposé ce roman à gagner dans le cadre de mon concours des quatre ans de blog (d’ailleurs, un grand merci à Jérôme et Gaëlle des éditions ActuSF pour l’envoi des exemplaires) mais je ne l’avais pas encore lu. Pour mon choix, je m’étais uniquement basée sur le résumé qui me plaisait bien et la chronique du Bibliocosme qui m’avait beaucoup intrigué (blog avec lequel, je partage régulièrement le même ressenti sur nos lectures communes). Finalement, j’ai bien fait de le proposer car j’ai beaucoup aimé D’or et d’émeraude!

Exceptionnellement, ma chronique sera un peu différente du format habituel. En effet, mon plan suivra les trois parties du roman car chaque récit se distingue vraiment les uns des autres même si un fil rouge les relie (mais ne comptez pas sur moi pour vous le dévoiler!).

Voyage dépaysant dans la Colombie du XXIème siècle

Adopté par un couple de français alors qu’il était encore enfant, Simon Achard ne se rappelle pas de son pays qui l’a vu naître, la Colombie. Aussi, quand à vingt-cinq ans, il décide d’y retourner, il surprend beaucoup ses proches car il avait toujours rejeté cette partie de son passé allant même jusqu’à refuser d’apprendre l’espagnol. A Bogota, il prend alors contact avec l’orphelinat La Casa pour lire son dossier et tenter de retrouver ses géniteurs. Une fois arrivé sur place, Simon va faire de curieuses rencontres…

– Tu as raison de revenir nous voir. C’est important pour toi. Pour te construire. Il faut que tu connaisses ce pays qui est le tien.
Soudain, j’en ai assez de ce couplet qu’on n’arrête pas de me rabâcher depuis mon arrivée.
– Vous savez mon pays, c’est la France. La Colombie est seulement celui qui m’a vu naître.
– Oui, oui, tu as raison, admet-elle, apaisante. Mais c’est tout de même important de savoir d’où tu viens. (P. 25)

Mon immersion en Colombie a été totale : je n’ai jamais visité ce pays mais l’auteur donne tant de détails que l’on s’y croirait que ce soit au niveau de la morphologie urbaine de Bogota, la répartition spatiale de sa population, ses principaux monuments, les us et coutumes, l’histoire, le folklore, la langue, etc… Comme Simon, le lecteur découvre en même temps que lui son pays d’origine et j’ai trouvé cela très dépaysant. D’après les remerciements présents à la fin de l’ouvrage, il semblerait que l’auteur connaisse bien la Colombie mais c’est surtout la bibliographie présente qui montre combien Eric Holstein s’est également beaucoup documenté. J’ai également beaucoup apprécié le double niveau de lecture de cette première partie car il ne s’agit pas seulement de la quête des origines de Simon ; en effet, l’auteur en profite également pour aborder d’autres sujets comme les discriminations qui opposent les  minorités ethniques indiennes comme les Muiscas aux populations dites Hispaniques.

Plongée dans l’Amérique du Sud du XVIème siècle

En 1537, cela fait un an que Gonçalo Jiménez de Quesada a quitté la côte à partir de Santa Marta avec ses six cents hommes pour s’enfoncer dans le continent. Son but est de revendiquer au nom de la couronne d’Espagne toutes les terres « découvertes » et de faire des populations autochtones les sujets de sa majesté, Charles Quint. Mais, ses hommes mal préparés au terrain tombent les uns après les autres que ce soit en raison de la malaria, des animaux sauvages ou des attaques répétées des populations locales qui refusent cette invasion. Or, les plus dangereux d’entre elles sembleraient être les Farcachas, de redoutables guerriers furtifs et efficaces…

– C’est tout à fait étonnant de voir ces sauvages déployer un aussi industrieux savoir-faire, confia Hernan Pérez.
– Peut-être pourrons-nous en faire d’honnêtes chrétiens et des sujets valables pour notre bien-aimé suzerain, répliqua Quesada, songeur. (P. 170)

Après m’être bien attachée au personnage de Simon Achard pendant une petite centaine de pages, la seconde partie m’a complètement prise au dépourvu avec cette plongée dans la Colombie du XVIème siècle et le début de la colonisation du pays par les Espagnols. Là encore, j’ai été séduite par la reconstitution du contexte historique que ce soit par l’emploi de vocabulaire spécifique espagnol ou indien mais surtout par la mentalité des hommes de l’époque. En gros :
– les Espagnols prennent les Indiens comme des personnes stupides et superstitieuses qu’il faut éduquer à la « vraie Foi ».
– les Indiens d’abord impressionnés par les armes et les chevaux des Conquistadors, se rendent compte finalement qu’ils ne sont que des hommes mortels avides et cupides.
Là encore, le récit prend un double niveau de lecture car l’auteur souhaite ainsi montrer que de l’incompréhension et de l’intolérance, naît la violence et que si cette dernière n’est pas arrêtée, elle engendrera encore plus de violence génération après génération. Les scènes d’exaction des Espagnols dans les villages locaux sont d’ailleurs très crues et difficiles tout comme les scènes de répression des Farcachas à l’encontre des envahisseurs.

Une fin surprenante

Je vais rester la plus vague possible afin de ne pas vous dévoiler une partie de l’intrigue mais sachez que cette troisième et dernière partie revient dans un XXIème siècle un peu changé. En effet, c’est bien une uchronie aussi surprenante soit-elle qui prend place dans le récit. Le point de rupture se situe au XVIème siècle et la  Colombie est désormais connue sous le nom de Chibchauaia. J’avoue que j’ai été très surprise par les révélations et les rebondissements présents dans l’intrigue qui ont abouti à cette uchronie, je ne m’y attendais absolument pas. Et mes collègues du Bibliocosme ont raison de le signaler mais c’est un roman à lire sans à priori.

En conclusion, j’ai beaucoup apprécié ma lecture D’or et d’émeraude : si Eric Holstein ancre ses deux premières parties dans une réalité bien documentée, dépaysante et crédible dans la Colombie contemporaine puis dans celle du XVIème siècle, c’est pour mieux déconstruire nos connaissances et nous surprendre dans une troisième partie uchronique. Bref, si vous ne l’avez pas encore fait, n’hésitez pas à participer au Concours des quatre ans de mon blog pour tenter de gagner un exemplaire.

6 réflexions sur “D’or et d’émeraude d’Eric Holstein

  1. Je l’avais dans ma PAL depuis longtemps et c’est finalement Dionysos qui l’en a sorti ^^ Si vous vous y mettez à deux pour me convaincre, je ne vais pas tarder à céder 😉

    Aimé par 2 personnes

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