#PLIB2020 : Félines de Stéphane Servant

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Quatrième de couverture : 

AVERTISSEMENT Ceci est une histoire vraie. Vous la connaissez certainement : elle s’appelle Louise R., elle a dix-sept ans. Elle a été l’une des premières jeunes filles de notre pays à être atteinte par la Mutation. Comme bien d’autres, son corps s’est métamorphosé, ses sens se sont aiguisés et sa vie n’a plus jamais été la même. Son visage a été vu sur tous les écrans, sur tous les réseaux sociaux.
Ses prises de position et le récit de sa clandestinité ont bouleversé toute une génération. Ce document inédit est son témoignage. A travers elle, c’est aussi l’histoire de Fatia, Sara, Morgane et de toutes celles qu’on a appelé « les Félines ». Adolescentes et résistantes, elles se sont un jour dressées contre l’oppression et les discriminations. Elles se battent encore aujourd’hui pour leur liberté.
Ce texte est le récit de leur combat.

Editeur : Rouergue

Nombre de pages : 374

Prix : 15,80€

Date de publication : 21 Août 2019

#ISBN9782812618291

Mon Avis :

Allez, je poursuis tranquillement (mais sûrement!) mes lectures du PLIB 2020 et normalement, je devrais pouvoir honorer mes obligations de jury bien avant la deadline du 20 septembre. C’est assez ironique mais ce roman Félines est celui qui me faisait le moins envie à la lecture du synopsis (la couverture aussi d’ailleurs!) et celui pour lequel je trainais le plus les pieds. Et bien mes préjugés ont été mis à mal puisque finalement, j’ai beaucoup aimé ma lecture, ayant dévoré ce roman en une seule et unique journée! Comme quoi…

Tout a commencé avec Alexia, une jeune fille timide et introvertie du lycée. Elle est restée prostrée dans la cabine des vestiaires de la piscine n’osant pas sortir et se confronter au reste de sa classe. Lorsque sa camarade Louise est arrivée pour la chercher, elle l’a suivie non sans crainte. Mais, un des élèves de sa classe a tiré sur la serviette qui la recouvrait dévoilant ainsi son secret honteux : son corps était complètement recouvert de poils… Sa classe d’abord saisie par la surprise, ne tarda pas à éclater de rire, humiliant encore plus Alexia. Même Louise a rit, elle a rit parce qu’elle ne voulait pas se retrouver à sa place, être rejetée et humiliée.
Pourtant Louise aurait dû être compatissante car deux ans auparavant, un terrible accident l’a profondément marqué et son corps en porte encore les stigmates. Aussi, quand elle a appris qu’Alexia s’était suicidée, la culpabilité l’a saisie. Et la crainte aussi car il semblerait que sa camarade ne soit pas un cas isolé : partout dans le monde, des adolescentes se transforment, leur corps se recouvrant de poils. Et un matin, c’est au tour de Louise…

Une dystopie…

Je vous avoue qu’au début, je ne savais pas vraiment dans quel genre classer ce roman Young Adult. Et puis, cela a été une évidence : une dystopie, bien sûr. Cette fois, pas d’effondrement de la société mais une mutation génétique bouleverse l’ordre. Partout dans le monde, des jeunes adolescentes se transforment, se recouvrant de poils. Si au début, elles sont une minorité, il semblerait que cette mutation les touche toutes, une par une. La société et la science ne parviennent pas à l’expliquer : une maladie pour certains, un châtiment divin pour d’autres. Tous s’accordent néanmoins pour le rejet : soit guérir, soit purifier. Si dans certains pays, les jeunes filles sont purement et simplement tuées, en France, elles sont isolées de la population en vue d’éviter la contamination tout d’abord puis mises au ban de la société, au fur et à mesure que le courant de la Ligue de Savini (Cf à la Ligue du Nord de Salvini, en Italie?) prend de l’ampleur en politique. Les jeunes filles d’abord honteuses, commencent finalement à prendre conscience de leur valeur et a accepté leur mutation. Dénommées les Obscures, elles préfèrent le nom de Félines et lancent un mouvement de résistance.

… efficace…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai pas vu passer le temps puisque je l’ai lu en une seule journée. Le style d’écriture est fluide et le rythme rapide. Pas le temps de s’ennuyer tellement le récit est entrecoupé de rebondissements et de révélations.
J’ai également particulièrement apprécié l’évolution des personnages : disons-le tout de suite, si je trouvais Louise très superficielle au début (malgré son accident qui lui a laissé des cicatrices sur le corps), en revanche, elle a eu une belle évolution. Elle a appris à s’accepter : il faut dire que sa mutation a été une aubaine pour elle puisque les poils ont recouvert ses cicatrices mais elle a développé aussi des capacités étonnantes (ses sens sont plus développés notamment l’odorat et la vue puisqu’elle est devenue nyctalope, c’est à dire qu’elle voit dans la nuit et son corps connaît un regain d’énergie). Elle n’accepte donc pas d’être rejetée pour sa nouvelle apparence et devient l’icône du combat des Félines contre l’obscurantisme symbolisé par Savini.

… qui dénonce des faits de notre société.

Le roman Félines est également l’occasion de traiter des faits de société. Et je trouverais intéressant de le faire lire à des adolescent(e)s pour les sensibiliser sur ces points :

  • Le Harcèlement scolaire : c’est surtout Alexia qui en est victime au tout début. La jeune fille est très introvertie, issue d’une famille catholique très rigide. Et elle se retrouve déjà rejetée par sa classe. Mais le pire survient juste après sa mutation lorsqu’elle a été prise en photo, nue et recouverte de poils. Son image circule alors sur les réseaux sociaux et s’ensuit un harcèlement avec moqueries et insultes. Alexia se suicide.
  • Le Sexisme et le Viol : le sexisme est régulièrement dénoncé dans le roman, notamment par l’attitude des garçons qui commentent constamment le physique des filles. Quant au viol, bien que la victime ait bu, c’est bien le violeur qui est dénoncé comme tel : la prise d’alcool ne justifie pas l’agression et l’absence de consentement est mise en avant.
  • Le Racisme : à travers les discriminations subies par les Félines (insultes à leur égard, renvoi du lycée et obligation pour elles de se rendre à l’Aurore, sorte d’institut pour les ré-éduquer, port obligatoire d’un vêtement distinctif, violence à leur égard, emprisonnement dans des camps de travail, etc…), l’auteur rappelle nos heures les plus sombres de notre Histoire et à ce titre décrit bien les mécanismes de bascule d’une société dans l’obscurantisme.

En conclusion, j’ai beaucoup aimé Félines, le classant même en second dans mes préférences des romans finalistes du PLIB 2020. Cette dystopie est très efficace, elle possède un style d’écriture fluide, un rythme ponctué de rebondissements et de suspense : quant aux personnages, ils sont attachants et évoluent au fil de l’intrigue. Mais, surtout ce texte mériterait d’être étudié en classe par les faits de société qu’ils dénoncent comme le harcèlement scolaire, le sexisme et le racisme. Bref, une belle découverte.

Autres avis : 

Ombrebones

Plumes de lune

9 réflexions sur “#PLIB2020 : Félines de Stéphane Servant

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