#PLIB2020 : Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

Quatrième de couverture :

Un récit écologique dans un univers sombre et violent d’Aurélie Wellenstein. Il y a quinze ans, mers et océans ont disparu. L’eau s’est évaporée, tous les animaux marins sont morts. Depuis, des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines…, arrachent l’âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l’humanité, peuvent les détruire.
Oural est l’un d’eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu’il protège depuis la catastrophe. Jusqu’au jour où Bengale, un capitaine pirate tourmenté, le capture à bord de son vaisseau fantôme. Commence alors un voyage forcé à travers les mers mortes… De marée en marée, Oural apprend malgré lui à connaître son geôlier et l’objectif de ce dangereux périple. Et si Bengale était finalement la clé de leur salut à tous ?

Editeur : Scrinéo

Nombre de pages : 363

Prix : 17,90€

Date de publication : 14 mars 2019

#ISBN9782367406602

Mon Avis : 

Ça y est! Je termine mes lectures et chroniques des romans finalistes du PLIB 2020 avec Mers mortes d’Aurélie Wellenstein! Je suis fin prête maintenant pour voter pour mon roman préféré et je vous ferai un article spécial au début du mois d’octobre.
En ce qui concerne ce roman, si vous avez déjà lu certains commentaires que j’ai laissé dans la présentation de ma PAL de septembre, vous saurez tout de suite que je ne l’ai pas du tout apprécié. Malheureusement, je n’ai pas eu que de bonnes expériences littéraires avec l’autrice : si j’avais aimé, le Dieu-oiseau, en revanche, je n’avais pas du tout accroché au Roi-fauve. Et autant vous prévenir tout de suite mais j’ai également un avis très tranché sur Mers Mortes.

Dans un monde post-apocalyptique, les mers et les océans ont complètement disparu. La faute en incombe aux Humains qui quelques décennies plus tôt ont surexploité les ressources naturelles de la Terre et massacré les animaux. Du coup, ces derniers reviennent sous forme de marées fantômes pour se venger. Seul un exorciste aux capacités bien particulières parvient à enrayer l’invasion et à sauver sa communauté. Oural, âgé d’une vingtaine d’années, est l’un d’entre eux mais un jour alors qu’il combat la marée, un bateau pirate surgit avec à son bord, le capitaine Bengale. Ce dernier enlève le jeune homme laissant sa petite communauté sans défense…

Une dystopie (encore!)…

Pourquoi, le « encore », vous allez me dire? Et bien, sur quatre romans finalistes du PLIB 2020, cinq possèdent un contexte post-apocalyptique et trois appartiennent au genre de la dystopie. Cela commence à faire vraiment beaucoup… Je n’ai rien contre ce genre littéraire, le trouvant même plutôt intéressant quand cela est bien fait. En effet, il fait  prendre conscience à son lectorat des possibles dérives de notre société (notamment les problèmes environnementaux, les mesures liberticides qui mettent en danger nos libertés individuelles et notre démocratie, le développement incontrôlé des nouvelles technologies, le racisme qui va de pair avec le sexisme ou l’homophobie, etc…).

Dans Mers mortes, Aurélie Wellenstein souhaite sensibiliser son lecteur sur la mise en danger de notre écosystème par les activités humaines avec une idée plutôt originale. En effet, elle imagine un futur dans lequel les océans et les mers auront disparu emportant avec eux une part importante des ressources naturelles. L’Humanité va alors pérécliter et tenter de survivre dans des petits îlots menacés par des marées fantômes. Ces dernières sont peuplées d’animaux morts, tués par la main de l’homme des décennies plus tôt. Ils décident alors de revenir sous la forme de spectres pour se venger.

… qui manque de subtilité…

Malheureusement, dès les premières pages, je n’ai pas du tout accroché au style littéraire du roman et j’ai donc décidé de le lire en lecture rapide jusqu’à la fin. J’ai trouvé l’intrigue très répétitive entre les marées fantômes qui ponctuent le récit ou les rêves récurrents d’Oural sur le massacre des animaux (ces passages sont d’ailleurs d’une grande crudité et même si l’autrice a probablement voulu sensibiliser son lecteur sur la condition animale, je trouve que c’était un peu caricatural). Je n’ai pas aimé les dialogues non plus les trouvant peu subtils. Enfin, je ne me suis pas du tout attachée aux personnages : Oural est très prétentieux et égoïste, quant au capitaine Bengale, il est un véritable manipulateur, je n’ai pas vraiment compris pour quelle raison, on lui vouait une telle admiration. 
Attention SPOILER : une relation amoureuse se noue d’ailleurs entre ces deux personnages à la fin du roman mais cela n’est malheureusement pas très développé. J’ai trouvé cela dommage.

… et possède un discours environnemental très « religieux »

Évidemment, je suis tout à fait d’accord qu’il faut sensibiliser les gens sur les questions environnementales. Car en l’état, on va droit dans le mur pour nous et pour les générations à venir.
En revanche, ce qui m’a gênée, ce sont toutes les références à la religion chrétienne dans le texte :

  • La notion de faute commise par les aïeux qui retombent sur leur descendant (Cf le péché originel). En effet, les humains de notre société actuelle surexploitent la planète et ses ressources naturelles et massacrent les animaux avec cruauté. Dans quelques décennies, leurs descendants paieront ces erreurs en se faisant attaquer par les fantômes des animaux revenus pour se venger.
  • Le Léviathan est une référence de l’Ancien Testament : l’autrice renoue avec la tradition du monstre marin qui avale les âmes (dans la religion chrétienne, il symbolise d’ailleurs l’entrée des Enfers). 
  • Attention SPOILER : Oural se sacrifie à la fin pour sauver l’Humanité et la planète (Cf au Christ). 

Après, je pense que c’était l’intention de l’autrice de choquer son lecteur et lui faire prendre conscience de l’urgence de la situation mais pour ma part, j’ai trouvé son discours  très culpabilisant. Dommage. 

En conclusion, je n’ai pas du tout aimé ce roman : le seul point positif selon moi est qu’il possède une certaine originalité (notamment, les marées fantômes peuplées de spectres d’animaux revenus pour se venger des humains). Mais malheureusement, j’ai eu beaucoup de mal à aller au bout de ma lecture : en cause, le style d’écriture et les dialogues auxquels je n’ai pas accrochés, les personnages pour lesquels je n’ai pas ressenti beaucoup d’empathie, l’intrigue répétitive et le discours environnemental trop culpabilisant. Après, il est possible que ce n’est pas du tout ce que l’autrice a voulu exprimer mais c’est ainsi que je l’ai ressenti.

12 réflexions sur “#PLIB2020 : Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

  1. Intéressant comme retour, je n’avais pas ressenti ce parallèle avec la religion pourtant il me semble évident maintenant que je te lis ! De plus, c’est drôle parce que de mon côté j’ai adoré le roi des fauves mais été très déçue par le dieu oiseau et je trouvais mers mortes entre les deux quoi que plus proche du premier que du second à mon goût. On ressent donc totalement l’inverse l’une de l’autre haha !
    Comme toi j’ai voté, je me demande si on l’a fait pour le même car ça a été à je suis fille de rage pour ma part o/

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai lu aussi toutes les chroniques publiées sur Babelio et effectivement aucune ne parlait du côté religieux alors que c’est ce qui m’a sauté aux yeux tout de suite. C’est assez drôle. Pour le vote, j’ai rempli le formulaire il y a une heure. Je ferai un article après la deadline du 20 septembre pour dévoiler mon classement.

      Aimé par 1 personne

  2. J’ai adoré le roman et ai, bizarrement, apprécié le capitaine alors que je suis d’accord avec toi sur le côté manipulateur du personnage. En général, je déteste d’ailleurs ce genre de personnage…
    Quant au parallèle que tu fais avec la religion, je ne l’avais pas du tout noté ! Du coup, merci pour cet éclairage qui prouve à quel point il est toujours intéressant de lire différents avis d’un même livre.

    Aimé par 2 personnes

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