#PLIB2020 : mon vote final et la fin d’une aventure de deux ans

Coucou tout le monde, 

Je reviens vers vous pour vous faire un petit bilan du PLIB 2020 en tant que membre du Jury. Hier était la date-limite de vote pour notre roman préféré parmi les cinq finalistes et les résultats seront communiqués le 17 octobre en comité restreint, décision prise en raison de la situation sanitaire actuelle. A cette occasion, je vais revenir sur cette seconde année en tant que membre du jury, vous dévoiler mon vote et aussi vous annoncer que je quitte l’aventure. 

Allez, c’est parti!

Mes contributions

En tant que membre du Jury, nous sommes soumis à des obligations :

– Avant le début du prix, nous devions proposer trois romans SFFF francophones parus en 2019. Pour ma part, j’avais proposé les trois titres suivants déjà lus et chroniqués sur mon blog : 

– Puis, sur les 124 romans proposés au total par les 184 membres du Jury, nous devions en choisir 20 en novembre dernier. Je vous avais d’ailleurs fait un petit article dans lequel vous pouvez retrouver ma sélection. Sur ces 124 pré-sélections, j’en ai d’ailleurs lu un certain nombre : 

– En février, est venu le tour de la sélection des cinq romans finalistes. Seul un roman que j’avais sélectionné, s’est retrouvé dans la liste finale : 

J’ai donc lu au total 14 romans dans le cadre du PLIB 2020. 

Mon vote

Sans surprise, je suis restée fidèle à mes goûts littéraires puisque j’ai voté pour le roman fantastique et historique, Je suis Fille de rage de Jean-Laurent Del Socorro. J’avais eu un véritable coup de cœur pour lui et par rapport aux autres romans finalistes, je trouve qu’il se dénote très largement par sa qualité d’écriture et la reconstitution très minutieuse de son contexte historique. Ombrebones a aussi voté pour lui alors je garde espoir!

L’aventure s’arrête là

Déjà, l’année dernière, je m’étais posée la question de savoir si oui ou non, j’allais poursuivre l’aventure en 2020. Une majorité de romans Jeunesse et Young Adult parmi les finalistes m’avaient un peu refroidie. Attention, je n’ai rien contre ces deux genres et je respecte tout à fait les personnes qui les écrivent et celles qui les lisent mais ils ne correspondent pas tout à fait à mes goûts. Je regrettais juste que la sélection finale ne soit pas plus variée. De plus, étant donné que l’ambiance était bon enfant et conviviale (j’avais même participé à une rencontre réservée aux membres du jury à l’occasion des Imaginales, l’année dernière) et que les membres organisateur(ice)s s’étaient vraiment investis pour faire de ce prix quelque chose de reconnu, je ne voulais pas partir sans réessayer. 

J’ai donc voulu réitéré une seconde fois et j’ai candidaté de nouveau pour le PLIB en 2020. Malheureusement, plusieurs éléments ont fait que mon expérience n’a pas été très concluante : 

– La situation sanitaire a malheureusement causé l’annulation de beaucoup de manifestations littéraires dont les Grésimaginaires en avril et les Imaginales en mai, heureusement tous deux reportés en octobre prochain. À l’origine, je devais y rencontrer les organisateur(ice)s et autres membres du Jury du PLIB. Et je pense que ces petits moments d’échange sont importants car non seulement ils permettent de développer en chacun de nous un sentiment d’appartenance à un groupe (d’en retirer une certaine fierté aussi) et de ressentir un moment de plaisir et de convivialité avec les autres membres du Jury. Et malheureusement, cela n’a pas eu lieu cette année. 

– Enfin, la sélection des cinq romans finalistes ne correspondait pas à mes goûts (Hormis un seul, celui pour lequel j’ai voté). Si l’année dernière, nous avions eu un roman adulte pour un roman jeunesse et trois Young Adult, cette année, la sélection était vraiment trop déséquilibrée : quatre Young Adult pour un roman adulte… De plus, tous les romans YA s’inscrivaient dans le même univers post-apocalyptique et une majorité (trois sur quatre) était une dystopie. Certes, j’ai été plutôt agréablement surprise pour deux d’entre eux (Félines et La cité des Chimères) mais sincèrement, au bout du quatrième, j’en ai eu marre et malheureusement, Mers mortes en a fait un peu les frais.

On me pose régulièrement la question : le PLIB est-il un prix Young Adult? La réponse est clairement non et je ne pense pas que les organisateur(ice)s veuillent l’enfermer dans une case. La raison, il faut plutôt la chercher du côté des membres du Jury dont l’âge moyen se situe très majoritairement en dessous des trente ans et sont donc plus disposés à lire du YA. Maintenant, peut-être que le moment est-il venu de proposer trois prix : SFFF Jeunesse, SFFF Young Adult et SFFF Adulte?

Dans tous les cas, je n’ai pas de regrets, je suis même plutôt contente d’avoir participer au PLIB. Et je remercie sincèrement les organisateur(ice)s pour leur investissement, leur gentillesse et la convivialité dont ils et elles ont fait preuve pendant ces deux ans. Si vous aussi, vous voulez tenter l’aventure, c’est par ici!

14 réflexions sur “#PLIB2020 : mon vote final et la fin d’une aventure de deux ans

  1. Merci pour le lien et pour ta positivité 🙂 Je comprends totalement que tu arrêtes l’aventure, c’est vrai que de ne pas avoir pu participer aux rencontres IRL et autre ça a du jouer aussi sur le fait que je me détache du prix, que je ne me sente pas dans une communauté.
    Après je ne sais pas si proposer trois prix aiderait. Il suffit de voir le récent drama autour du prix Elbakin qui a mis le prieuré de l’oranger en jeunesse « parce qu’ils estiment que » alors que l’autrice et la maison d’édition le mettent en adulte. Je pense que ça créerait beaucoup de soucis d’autant que le genre young adult ne jouit pas d’une définition claire :/

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  2. Une décision logique. Si j’étais à la place des organisatrices / organisateurs, je m’inquièterais, toutefois, parce que tu es le troisième membre du jury qui annonce son départ rien que dans les gens que je suis (ou qui commentent chez les gens que je suis). Et le souci, c’est que ce sont justement les gens les plus « pointus » (ceux qui ne lisent pas QUE du YA et ont un sens critique un minimum affuté par l’expérience et la maturité) qui me donnent l’impression de partir.

    Le PLIB n’a peut-être pas été conçu comme un prix YA, il ne se revendique pas comme tel, mais concrètement, c’est un prix dont la short-list comporte une écrasante majorité de romans YA / jeunesse, dont les finalistes relèvent surtout de ce registre, tout comme les lauréats, qui sont surtout couronnés par des booktubeuses YA. Moralité : ça a toutes les apparences d’un prix YA, et il est de plus en plus largement perçu comme tel. Je crois donc que plutôt que de créer plusieurs prix différents, il faudrait sérieusement élargir le panel du jury (ou opérer une sélection sur des critères différents), histoire que les critiques de bouquins adultes ET entrés dans la vie active / de plus de 25-30 ans soient un peu plus représentés. Ou alors communiquer clairement sur son orientation.

    Sinon, pour ce qui est des moins de trente ans plus disposés à lire du YA qu’autre chose en 2020, les gens de ma génération (les vilains quadras) lisaient Tolkien Moorcock, Le Guin, Zelazny, Lovecraft, Asimov, Clarke, Stephen King et compagnie vers douze ans, donc, comment dire… Chacun ses goûts, certes, mais au bout d’un moment, il faut lire d’autres choses en parallèle du YA et s’ouvrir à des registres littéraires SFFF adultes.

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    1. Pour l’orientation du PLIB en prix YA, il est clair que les organisateur(ice)s doivent mener un axe de réflexion là-dessus car c’est triste que des membres de jury partent pour cette raison. Après, pour les défendre, ils ont déjà abattu un travail énorme en trois ans et ils sont tous bénévoles. Rien que la sélection des romans, le site web, la gestion du jury, la gestion des maisons d’édition avec la crédibilité qui va avec, la remise du prix, c’est déjà quelque chose de très gros et qui a du concentrer toute leur attention. Ce n’est donc pas étonnant qu’ils n’aient pas eu le temps de faire ce travail de réflexion sur le YA.

      Pour les lectures YA en fonction de l’âge, je te rejoins là-dessus car j’avais également 15-16 ans quand j’ai découvert les Littératures de l’Imaginaire et j’avais débuté par des lectures dites « adultes » avec Marion Bradley Zimmer, Stephen King, JRRR Tolkien et Jean-Louis Fetjaine. Après, il y a deux raisons à cela : la première, je suis issue d’un milieu rural et la SFFF n’était pas très bien représentée dans la bibliothèque locale tandis qu’il fallait faire 30 kilomètres minimum pour accéder à une librairie digne de ce nom. La seconde, il n’y avait pas ou très peu de YA encore il y a 20 ans (ou du moins, pas dans mon coin), donc je lisais ce que je trouvais (après, je ne me plains évidemment pas car j’ai fait de très belles découvertes littéraires!).
      Aujourd’hui, si la jeune génération veut débuter par du YA, pourquoi pas? Ils iront peut-être vers des récits plus « adultes » plus tard, chacun son rythme. Mais au moins, ils ont le choix. Après, il est clair que si le YA explose aujourd’hui et est mis en avant par les maisons d’édition, c’est qu’il y a une demande et un lectorat.

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      1. Je ne vois pas de problème à ce que les jeunes d’aujourd’hui débutent par du YA. Même si je suis un fervent défenseur de l’idée que chacun lise ce qu’il veut et que personne n’a à y redire, je suis cependant étonné par le fait que visiblement, de plus en plus de gens atteignent les 25, voire 30 ans, sans lire de SFFF adulte. Je pense que chacun des deux mondes, blogosphère SFFF adulte et booktubeurs YA, aurait à gagner à s’ouvrir un peu plus à l’autre. Il y a des choses très recommandables dans ce qui classé (à tort ou à raison) en YA, aussi rejeter ce domaine littéraire en bloc est-il peu pertinent, mais à l’inverse, partir du principe que tout bouquin de SFFF adulte est trop compliqué / noir / violent / chiant / que sais-je ne l’est pas plus. J’ai vraiment l’impression, des fois, qu’il y a des gens qui s’imaginent que le moindre bouquin de SF adulte est du Greg Egan et le moindre roman de Fantasy du Steven Erikson.

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      2. Je suis d’accord avec ton analyse : s’ouvrir au genre que l’on a pas l’habitude de lire est une bonne chose et peut parfois être une belle découverte littéraire. La preuve, en YA, j’ai lu Félines de Servant sur lequel je n’aurais pas parié un kopec alors que je l’ai trouvé vraiment très bien. Des autrices comme Pascaline Nolot, Cindy Van Wilder et Nadia Coste ont écrit des romans très qualitatifs aussi et ont des choses à dire (et à dénoncer aussi).

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      3. Et je rajouterais aussi qu’il y a dix ans, je me suis un peu lassée de la Fantasy et du Fantastique (je ne lisais que ce genre) et j’ai commencé à m’intéresser à la SF même j’étais persuadée que ce n’était pas pour moi. Quelle erreur! En réalité, un nouvel univers s’est ouvert à moi et j’ai fait des rencontres extraordinaires comme Ken Liu, Dan Simmons, etc… Comme quoi, il ne faut pas s’enfermer dans un genre car la SFFF est un monde vaste dans lequel il y a tant encore à découvrir.

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  3. APophis vient de t’écrire tout ce que je pense de ce prix, du pourquoi de la sélection finale, et que la logique voudrait d’envisager 3 prix distincts.
    Avec une sélection clairement orientée Adulte, je me serais prêter à cette aventure.

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