Edelweiss de Cédric Mayen et Lucy Mazel

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Quatrième de couverture :

Eté 1947, Boulogne-Billancourt. Lors d’un bal typique de l’après-guerre, Edmond, jeune ouvrier chez Renault, rencontre Olympe, fille de politicien. Il ne se doute pas qu’elle va bouleverser sa vie. Passionnée d’alpinisme, la jeune femme n’a qu’un rêve : escalader le Mont-Blanc pour égaler la prouesse de son aïeule Henriette d’Angeville. Malgré son manque d’expérience, Edmond promet qu’il l’aidera à le réaliser.
Seulement, le train-train quotidien et plusieurs drames vont petit à petit émousser leur détermination… Mais qu’importe, l’amour est plus fort que tout, dit-on. Et s’il est capable de déplacer des montagnes, il peut aussi aider à les gravir…

Editeur : Vents d’ouest

Nombre de pages : 96

Prix : 17,50€

Date de publication : 14 Juin 2017

Mon Avis :

C’est une collègue de mon ancien travail qui m’avait parlé de cette bande dessinée l’année dernière car elle connaissait la dessinatrice. A l’époque, je n’avais pas pu me rendre à la dédicace dans une des librairies de Grenoble mais par le plus grand des hasard, je suis tombée sur l’ouvrage le mois dernier, dans une des bibliothèques que je fréquente. Du coup, je l’ai emprunté.

A l’été 1947, Edmond rencontre la pétillante Olympe à un bal de Sèvres et tombe immédiatement sous le charme. Mais, le début de la relation n’est pas simple car le jeune homme, ouvrier à l’usine Renault, souhaite une meilleure carrière s’estimant indigne de sa fiancée, issue d’une classe sociale favorisée. Quant à Olympe qui est couturière, elle rêve de suivre les pas de sa grand-mère alpiniste franco-suisse Henriette d’Angeville, la seconde femme à avoir gravi le Mont Blanc. Trois ans plus tard, Edmond est convoqué pour son service militaire : s’il évite d’être envoyé en Indochine, il part pour Chamonix afin d’intégrer les Chasseurs Alpins. Olympe voit là l’occasion de concrétiser son rêve et rejoint son fiancé pendant sa permanence…

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A défaut d’avoir la neige et le froid des deux côtés des Alpes (France et Italie où je passe les fêtes de Noël), je vais les chercher dans la lecture! Et je dois dire que je n’ai pas été déçue, loin de là! Edelweiss n’est pas une bande dessinée purement historique mais elle intègre néanmoins des personnages soit ayant réellement existés comme le couturier Yves Saint-Laurent ou l’écrivaine et intellectuelle féministe Simone de Beauvoir, soit inspirés de personnages réels. En effet, Olympe et Edmond sont certes des personnages fictifs, mais ils sont avant tout un hommage émouvant aux véritables grands-parents de l’auteur des textes, Cédric Mayen. Ainsi, Roland et Marguerite Gosmat étaient bien respectivement ouvrier chez Renault et couturière et se sont réellement rencontrés à un bal.
Quant au cousin d’Olympe, Jean mort lors d’une expédition au Mont Blanc, à l’hiver 1956, il s’inspire d’un autre fait réel : l’affaire Vincendon et Henry. En effet, ces derniers étaient étudiants et alpinistes amateurs venus faire l’ascension du Mont-Blanc lors de ce même hiver 1956. Malheureusement, leur expédition a tourné court et a connu une issue tragique à cause de conditions météorologiques difficiles. Cette affaire a eu un grand retentissement à l’époque car si les deux étudiants avaient bien été localisés, les tentatives de sauvetage ont toutes échoué les unes après les autres.

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De plus, j’ai également beaucoup apprécié le couple d’Edmond et Olympe. Au début de la bande dessinée, le jeune homme n’apparaît pas sous son meilleur jour : par exemple, il dispute sa première petite amie parce qu’elle a eu un accident avec sa voiture, lui enfonçant une aile. Ou au début de sa relation avec Olympe, s’il a promis à sa fiancée de l’aider à concrétiser son rêve, il préfère miser sur sa carrière professionnelle. En effet, il veut prouver à sa belle-famille qu’il est digne de leur fille, ce qui engendre quelques tensions au sein du couple. Toutefois, il est le personnage qui évolue le plus rapidement : de taciturne et orgueilleux, il devient au contraire beaucoup plus à l’écoute d’Olympe, voire dévoué ce qui le rend attachant surtout après les terribles épreuves que le couple traverse dans la troisième partie.
Quant à sa fiancée, j’ai apprécié son côté féministe : son nom est évidemment une référence directe à Olympe de Gouge, célèbre intellectuelle durant la Révolution française qui s’est battue pour le droit de vote des femmes et a fini sous l’échafaud. Mais, elle trouve aussi son inspiration auprès de sa grand-mère Henriette d’Angeville (ayant réellement existé mais dont l’ascendance est évidemment fictive) ou de Simone de Beauvoir, citée plus haut et dont la rencontre est encore une fois inventée. Olympe n’hésite pas à exprimer clairement ses désirs au grand dam de sa famille même si elle apparaît en avance sur son temps (concrétisé par le fameux défilé qui crée scandale à cause du port de pantalon pour les femmes…).

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Enfin, Edelweiss possède de magnifiques dessins signés Lucy Mazel et je dois bien avouer que je suis complètement tombée sous le charme. Ils sont très réussis et bénéficie d’une grande recherche et précision que ce soit dans le cadre du contexte historique, des vêtements ou des paysages de montagnes. On voit également les deux personnages vieillir au fil des pages ce qui leur confère un petit côté émouvant et ce qui m’a permis aussi de beaucoup m’attacher à eux.

En conclusion, la bande dessinée Edelweiss a été un ravissement autant pour les très beaux dessins signés Lucy Mazel que pour le couple attachant d’Olympe et Edmond. Si ces derniers sont fictifs, il n’empêche que les références à des personnages ayant réellement existés sont nombreuses que ce soit des personnages connus comme Simone de Beauvoir ou plus anonymes comme les grands-parents de Cédric Mayen. Mais, les anecdotes réelles insufflées dans le récit confèrent beaucoup d’émotion à l’emsemble. Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille la lecture de l’interview donnée par les deux auteurs sur le site de BD Gest.

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