Femmes de pouvoir de l’Antiquité de Nicolas Mietton

E3C4B58B-D32C-4C49-A624-352425FB0383

Quatrième de couverture : 

On connaît les noms des hommes, rois, empereurs ou conquérants qui ont connu un grand destin. On connaît moins bien ceux des femmes qui ont régné sur le monde antique. En se penchant sur les textes anciens, Nicolas Mietton nous décrit la vie extraordinaire de ces souveraines qui ont détenu les plus grands pouvoirs. Certaines ont été conseillère, épouse ou régente. D’autres ont régné elles-mêmes, femmes à la tête de leur royaume.
Amante ensorceleuse comme Cléopâtre, séductrice comme Théodora, dévote comme sainte Hélène, mère indigne comme Agrippine, belle-mère abusive comme Hatchepsout… A travers leurs destinées hors du commun, redécouvrez Babylone, l’Egypte Antique, les intrigues de Rome et le faste de Byzance.

Editeur : Prisma

Nombre de pages : 240

Prix : 19,95€

Date de publication : 18 Octobre 2018

Mon Avis : 

Il est rare que je fasse des achats sur un coup de tête en librairie. En effet, pour éviter les déceptions, j’ai appris à les rationaliser et à préparer à l’avance ma liste de livres. Sincèrement, j’aurais dû suivre cette règle pour Femmes de pouvoir de l’Antiquité de Nicolas Mietton. Pourtant l’idée avait de quoi me séduire car ce sujet est trop peu abordé à mon goût. Ne voulant donc pas laisser passer cette occasion, j’ai acquis cet ouvrage… à mon plus grand regret.

Nicolas Mietton fait le portrait de dix femmes de pouvoir de l’Antiquité et aborde ainsi les civilisations égyptienne (Hatchepsout), grecque (Cléopâtre), romaine (Livie, Messaline, Agrippine, Julia Domna et Saint Hélène), byzantine (Galla Placidia et Théodora) et légendaire (Sémiramis) couvrant les périodes du XVème siècle avant Jésus-Christ au VIème siècle après.

Une vision des femmes très restrictive

B28DA7F1-D255-4383-92C4-B6C58586C1EE
Sommaire de Femmes de pouvoir dans l’Antiquité de Nicolas Mietton (p. 5)

Il n’y a rien qui vous choque dans ce sommaire à la lecture des titres des chapitres? Pour ma part, ce qui m’a dérangée et ce qui aurait dû m’interpeller au moment de mon achat, ce sont les qualifications que l’auteur accole aux noms des souveraines. Hormis Julia Domna, il réduit ces femmes au diptyque traditionnelle de épouse/mère ou putain. On est d’accord que les sources historiques ont été écrites en majorité par des hommes et qu’à l’époque les femmes avaient surtout comme fonction d’être des pions dans l’échiquier des alliances entre grandes familles et de donner des héritiers. Celles qui sortaient de ce cadre étaient vilipendées par les auteurs des sources antiques.

Mais tout de même, la plupart de ces femmes était issu d’un milieu aristocratique et était éduqué : cela aurait pu être intéressant de mettre en avant cet aspect intellectuel et culturel. Et finalement, dans le chapitre consacré à Julia Domna qui se serait distinguée par sa culture, l’auteur aborde en majorité les hommes de sa famille : son époux Septime Sévère et ses deux fils Caracalla et Géha… Enfin, je pense que d’autres portraits de femmes de pouvoir de l’Antiquité auraient pu nuancer ce diptyque notamment la Reine Boudicca qui s’est révoltée contre les Romains au Ier siècle après Jésus-Christ en Bretagne (en Angleterre actuelle) ou la Reine Zénobie de Palmyre (en actuelle Syrie) au IIIème siècle.

Une méthode d’Historien discutable

Je n’ai pas du tout été convaincue par la méthode de Nicolas Mietton. S’il est vrai qu’il fait intervenir toutes sortes de sources (littéraire, artistique, archéologique et épigraphique), j’ai trouvé qu’il faisait un peu trop la part belle aux sources littéraires par rapport aux autres. De plus, il prend très peu de recul par rapport à ces dernières et j’avais le sentiment qu’il les paraphrasait plus qu’autre chose. Finalement ses chapitres sont très linéaires chronologiquement et ressemblent davantage à une succession d’évènements provenant directement des sources littéraires alors qu’ils auraient pu être ordonnés selon une problématique et un plan réfléchi. Vraiment dommage…

Un ouvrage de vulgarisation peu adapté

Femmes de pouvoir de l’Antiquité n’est pas un ouvrage scientifique mais il a pour vocation de s’adresser au grand public pour lui faire découvrir des portraits de femmes méconnues. Malheureusement, l’auteur fait le choix de ne pas utiliser certains outils qui auraient pu être utiles au lecteur pour sa compréhension et j’ai trouvé cela dommage. Je citerai ainsi trois exemples :

  • Au lieu de décrire l’ascendance de ces femmes dans des paragraphes souvent indigestes (je citerais par exemple, Messaline ou Agrippine), n’aurait-il pas été plus utile de faire tout simplement un arbre généalogique?
  • Plutôt que de faire la description de portraits artistiques de ces femmes (les camées de Messaline ou les bustes de Julia Domna) à propos desquels l’auteur insère parfois des jugements de valeur (en parlant de Livie : « Elle était en effet très belle, d’une beauté calme, presque placide, avec peut-être un nez trop pointu, le menton s’empâtant avec les ans » (p. 43), n’aurait-il pas été plus simple de mettre les photos même en noir et blanc de ces portraits?
  • Les notes se situent à la fin de l’ouvrage et très honnêtement, je trouve cela fastidieux d’aller se reporter à chaque fois à cet endroit : ne serait-il pas plus efficace de les insérer en notes de bas de page?

En conclusion, je n’ai absolument pas été convaincue par l’ouvrage de vulgarisation de Nicolas Mietton sur les Femmes de pouvoir de l’Antiquité. Je n’ai d’ailleurs pas réussi à nuancer ma chronique par des aspects positifs et c’est assez rare pour le signaler. La vision assez restrictive de ces femmes, une méthode d’historien plutôt « étrange » et la non-utilisation d’outils qui auraient pu faciliter la compréhension font que je ne recommande absolument pas cet ouvrage.

8 réflexions sur “Femmes de pouvoir de l’Antiquité de Nicolas Mietton

  1. C’est vrai que les titres en eux-mêmes posent problème ! L’absence de recul est aussi gênant parce que si c’est pour recouper des infos et les paraphraser, on n’a pas forcément besoin d’un auteur pour le faire…Et le coup des notes en fin d’ouvrage apporte le coup de grâce (je déteste ce procédé).
    Bref, je comprends ta déception sur un livre qui aurait pu être intéressant et instructif…

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s