Une semaine et un jour de Marijosé Alie

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Quatrième de couverture : 

Soraya marche dans les rues de Paris ; elle erre comme peuvent errer les gens qui ont tout perdu ou qui se sont perdus eux-mêmes. Elle n’a qu’un sac sur le dos et un vieux cahier qu’elle ne quitte pas. Elle a certainement eu une autre vie avant ; ses manières sont trop belles, son porte-monnaie trop plein. Alors quoi ? Qu’est-ce qui la pousse à vivre dehors, à écumer les chambres d’hôtel minables, à suivre cet homme étrange qui parle aux morts ? Seul un très vieux cahier, qu’elle ouvre dès qu’elle le peut, semble réussir à l’apaiser.
Elle lit les mots de Célestine, sa mystérieuse aïeule qui a traversé les océans alors qu’elle n’avait que quinze ans pour arriver à Paris durant l’hiver 1788. Le froid est plus violent que jamais et la révolution gronde…

Edition : HC éditions

Nombre de pages : 346

Prix : 19,00€

Date de publication : 2 Janvier 2020

Mon avis :

C’est Agnès Chalnot qui m’a proposée ce livre en Service Presse : je la remercie ainsi que les éditions Hervé Chopin pour leur confiance. J’ai accepté de lire le roman car il possède une partie historique qui se déroule au XVIIIème siècle, en 1788. Malheureusement, je sors un peu mitigée de ma lecture.

En Novembre 2015, Soraya semble perdue et erre sans but dans les rues de Paris. Elle se laisse menée au gré des rencontres fortuites et essaye de se raccrocher tant bien que mal aux personnes qui lui offre un toit pour une nuit comme Rama ou comble sa solitude comme Denis. Pourtant ses manières sophistiquées et son portefeuille bien rempli semblent indiquer une origine sociale plutôt favorisée. Or, elle déambule uniquement avec les vêtements qu’elle porte et un sac à dos dans lequel se trouve un précieux cahier : il s’agit du journal intime de son aïeule.
A la veille de la Révolution française, Célestine a grandit dans les Colonies mais une étrange maladie de peau, aux dires de sa mère, l’empêche de sortir au soleil. A ses quinze ans, son père qui est notaire décide alors de l’emmener à Paris avec sa nourrice Nanou. Le contraste est rude entre son ancienne vie et la nouvelle d’autant plus qu’un vent de changement semble souffler dans la capitale…

Soraya, un personnage plutôt déroutant

Je vous avoue que j’ai eu beaucoup de mal à saisir ce personnage au début du roman. Pour tout vous dire, j’étais un peu à côté de la plaque car j’ai même cru qu’elle était une migrante perdue dans les rues de Paris. Or, ses manières, son portefeuille rempli et la possession du journal intime de son aïeule m’ont vite détrompée. De plus, psychologiquement et physiquement, c’est un personnage fragile et instable : elle a beaucoup de mal à s’alimenter, il lui arrive de perdre connaissance, parfois elle explose littéralement sans raison, elle se laisse mener par ses pulsions, reste passive même quand elle se fait voler, etc… Bref, Soraya est un personnage assez déroutant et je vous avoue qu’au début, je n’ai pas trop aimé la suivre. Enfin, cela c’était jusqu’au dénouement : dès lors que l’on connaît son histoire et la raison de son errance, on comprend mieux son mal-être et l’on excuse d’autant plus son comportement même s’il est déraisonnable. On se dit même que l’on ne sait pas comment on aurait réagi face au choc contre lequel elle a dû faire face.

Célestine, un personnage plus intéressant mais…

Étant donné mon intérêt pour l’Histoire, vous aurez compris que j’ai mieux apprécié le personnage de Célestine. La jeune fille a quinze ans et est issue d’une famille bourgeoise. Elle ne semble pourtant pas très heureuse : sa mère la regarde à peine, semblant lui préféré son petit frère et son père est souvent absent. De plus, il semblerait qu’elle ne puisse pas sortir en raison d’une soi-disante maladie de peau qui l’empêcherait de s’exposer au soleil. Seule sa nourrice Nanou semble combler le manque d’affection de la jeune fille. Aussi, la vie à Paris lui semble beaucoup plus douce : grâce à son père qui se fait passer pour ce qu’il n’est pas (il rajoute une particule à son nom), elle cotoye la bonne société parisienne. Elle fait ainsi la rencontre d’Olympe de Gouges, connue pour ses idées féministes et sa déclaration du Droit de la femme et de la citoyenne, pendant la Révolution française.

… une reconstitution historique qui ne m’a pas convaincue

Bien que le personnage de Célestine soit beaucoup plus intéressant à suivre que sa descendante Soraya, malheureusement, j’ai été finalement plus déçue par cette partie en raison du contexte historique. Honnêtement, j’ai eu beaucoup de mal à y croire soit parce que le décor est très peu dépeint, soit en raison d’anachronismes flagrants qui m’ont complètement sortie du récit. J’en citerais deux :
– le premier est l’expression « les poubelles de l’Histoire », phrase attribuée à un invité du père de Célestine. Sauf que le mot « poubelle » n’aurait jamais pu être utilisé en 1788 puisque qu’il vient du nom de Mr Poubelle qui l’a inventé à la fin du XIXème siècle.
– le second est Célestine qui connaît cette bévue puisqu’à un moment donné, elle donne la température exacte de -22°C. Effectivement, la graduation en degré Celsius date bien du milieu du XVIIIème siècle et les thermomètres existaient déjà. Toutefois, ceux-ci étaient encore assez peu répandus dans les foyers et j’ai du mal à croire que Célestine ait pu donner une température aussi précise à cette époque.

En conclusion, j’ai peu accroché à ce roman : j’ai été déroutée tout d’abord par le personnage de Soraya avant finalement d’être agréablement surprise par le dénouement auquel je ne m’attendais pas. Quant à Célestine, si le personnage était intéressant, c’est surtout le contexte historique qui m’a le plus déçue. Les anachronismes et le manque de détails m’auront malheureusement sortis de ma lecture. Dommage…

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