L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde de Robert Louis Stevenson

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Quatrième de couverture :

Le docteur Jekyll est un homme bon et loyal. M. Hyde, lui, est un individu étrange, capable des pires crimes. Pourquoi alors Jekyll a-t-il fait son testament en faveur de Hyde ? Pourquoi le laisse-t-il venir chez lui à n’importe quelle heure ? Serait-il victime d’un chantage ? Le vieux docteur Lanyon aimerait bien savoir. Peut-on être à la fois homme de bien et criminel, Jekyll et Hyde ?

Éditeur : Livre de poche

Nombre de pages : 155

Prix : 4,95€

Mon Avis : 

Je viens de finir la série Penny Dreadful qui tire sa révérence après trois saisons bien remplies et passionnantes. Elle s’inspire de plusieurs romans célèbres du XIXème siècle : Docteur Frankenstein de Mary Shelley, Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, Dracula de Bram Stoker et enfin L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde de Robert Louis Stevenson. Il ne me restait donc que ce dernier ouvrage à découvrir.

Le docteur Jekyll, le Docteur Lanyon et l’avoué Utterson sont des amis de longues dates : ils habitent tous trois Londres, au XIXème siècle et sont de la même origine sociale. Quelle ne fut pas la stupeur d’Utterson lorsqu’il découvre qu’un jour, le testament de son ami, le Docteur Jekyll, est en faveur d’un mystérieux Edward Hyde? Utterson en est certain, il n’a jamais entendu parler de cet individu : son ami serait-il donc victime de chantage? Lorsqu’il décide d’en apprendre plus au sujet de Hyde, il découvre quel odieux personnage il est! Et si Hyde voulait tuer son ami pour son héritage?

Malheureusement, la célébrité des personnages Jekyll et Hyde précède la lecture du roman. Malgré toute l’habileté de Stevenson pour maintenir le mystère autour de son intrigue, la chûte est déjà connue à notre époque et cela gâche un peu le plaisir du lecteur, je dois bien l’admettre.

Néanmoins, ce court roman permet également de réfléchir aux thèmes que sont les dangers de l’utilisation empirique de la science, la folie au travers de la schizophrénie ou la notion manichéenne qui sommeille en chacun de nous. La troisième partie contée par le Docteur Jekyll est d’ailleurs très éloquente et reste ma préférée.
Difficile de ne pas penser au roman de Mary Shelley lorsqu’est évoqué la figure du « savant fou », seul dans son laboratoire et qui s’adonne à des expériences dont il ne maîtrise pas complètement les tenants et aboutissants. Comme le Docteur Frankenstein, le Docteur Jekyll a un but philanthrope : celui d’améliorer les capacités de l’Homme grâce à la science. Mais, à vouloir jouer à Dieu, les conséquences sont désastreuses et la situation leur échappe à tous deux. Ce thème est très représentatif de la société anglaise du XIXème siècle. Elle est encore très imprégnée de religiosité et voit d’un mauvais œil le développement de cette science difficile encore à appréhender et dont il convient de se méfier!
Ce roman permet également de réfléchir sur les différentes facettes de notre personnalité : il se veut manichéen. Le Docteur Jekyll, un homme bon et philanthrope doit désormais combattre la personnalité mauvaise d’Edward Hyde au risque de se voir submerger par cette dernière et de devenir fou. Comme souvent dans les romans du XIXème siècle, le physique d’un individu est le reflet de son âme : rien d’étonnant donc à ce que Stevenson donne une image repoussante à Hyde. Parallèlement à l’émergence des sciences, la psychologie et la psychiatrie se développent aussi en cette fin du XIXème siècle : la pathologie du Docteur Jekyll ne s’apparenterait-elle pas à de la schizophrénie?

En conclusion, L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde est un roman bien construit, très représentatif de son époque et possède ses propres traits de réflexion. J’ai lu d’ailleurs une petite anecdote amusante à ce sujet : il semblerait que le premier manuscrit du roman ait été détruit par la femme de l’écrivain car elle le considérait comme un « cahier plein de foutaises »! (Article du Guardian) Heureusement, Stevenson l’a réécrit pour notre plus grand bonheur!

Docteur Jekyll : Petit à petit, d’un mouvement irrésistible, les versants de mon intelligence, le moral et l’intellectuel, me rapprochèrent de cette vérité dont je ne fis pourtant que la découverte partielle, mais qui me condamna à un si terrible naufrage : que l’homme est toujours double. Aujourd’hui encore, c’est tout ce que je peux dire sur le sujet. D’autres me relaieront, me dépasseront dans l’exploration de ce domaine. Et j’ose presque affirmer que plus tard, on ira plus loin. On démontrera que l’homme est finalement une synthèse de nombreux individus, tous différents et indépendants les uns des autres. (P. 119)

Note 5/5

 

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