Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley

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Quatrième de couverture :

«C’est alors qu’à la lueur blafarde et jaunâtre de la lune qui se frayait un chemin au travers des volets, je vis cet être vil – le misérable monstre que j’avais créé. Il soulevait le rideau du lit et avait les yeux – si l’on peut les appeler ainsi – fixés sur moi. Ses mâchoires s’ouvrirent et il bredouilla quelques sons inarticulés, tandis qu’un rictus ridait ses joues. Peut-être dit-il quelque chose, mais je ne l’entendis pas. Il tendit une main comme pour me retenir, mais je m’échappai et descendis précipitamment les escaliers. Je me réfugiai dans la cour de la maison que j’habitais ; j’y demeurai le reste de la nuit, marchant de long en large dans un état d’agitation extrême, écoutant attentivement, percevant et redoutant le moindre son, comme s’il devait annoncer l’approche de ce cadavre démoniaque auquel j’avais si malheureusement donné la vie.»

Editeur Folio SF

Nombre de pages : 336

Prix : 4.80€

Mon Avis :

À l’instar de Dracula, le Docteur Frankenstein et sa créature sont des personnages récurrents du Septième art. Tout et (surtout) n’importe quoi ont été édités sur ces figures emblématiques : je voulais donc découvrir par moi-même le texte original de Mary Shelley.

Victor Frankenstein est un jeune homme féru de sciences dès son plus jeune âge. A peine rentré dans sa vie d’adulte, il quitte sa ville natale de Genève et sa famille pour s’installer en Allemagne et débuter des études à l’université d’Ingolstadt. Deux professeurs vont alors l’initier à la chimie et aux sciences naturelles : à partir de ce moment-là, le jeune homme n’aura pas d’autres but que de découvrir l’origine de la vie. Au terme d’un travail acharné, il parviendra lui-même à donner la vie à une créature. Mais, à force de vouloir jouer à Dieu, le cours de son existence s’en trouvera complètement bouleversé, les choses allant de mal en pis.

Le roman est composé de trois récits mis en abîme, c’est à dire qu’ils s’imbriquent les uns dans les autres comme des poupées russes. le premier narre l’exploration polaire de Walton qui a recueilli sur son bateau Victor Frankenstein ; le second rapporte l’histoire de ce dernier et le troisième fait état de la survie et de l’apprentissage de la créature. Cette composition offre un grand dynamisme à l’intrigue tout en distillant dans le récit des éléments de compréhension, éclairant le lecteur sur l’histoire des personnages.

Quant à ces derniers, Mary SHELLEY a beaucoup travaillé sur leur psychologie. Ils sont profondément humains et échappent à tout manichéisme. J’ai ressenti beaucoup d’empathie pour eux : certes, le Docteur Frankenstein souffre des exactions commises par sa créature, mais ne l’a-t’il pas au départ rejeté? Ne lui dédaigne-t’il pas sa part de bonheur en refusant de lui créer une semblable? Certes, le « monstre » a commis des actes impardonnables mais ne souffre-t’il pas de son aspect repoussant qui lui vaut rejet et solitude alors même qu’il possède un esprit fin et raffiné?

Le roman de Mary SHELLEY permet de développer également plusieurs pistes de réflexion non dénuées de philosophie, comme la haine, la vengeance, la solitude, l’amitié, le bonheur ou la Nature Humaine. Est-on humain parce que l’on vit et pense? Est-on humain parce que l’on ressent des émotions et possédons des sentiments? Est-on humain parce que l’on est capable de développer des relations sociales?

Enfin, le style d’écriture de Mary SHELLEY m’a beaucoup surprise au départ : comme l’a fait remarqué Fnitter, le style est pompeux et suranné. Je suis d’accord et il m’a fallu quelques pages pour m’y habituer. Mais passé cela, j’ai complètement adhéré : le style est d’une incroyable beauté et d’une grande diversité. le lyrisme qui s’en dégage donne au lecteur une impression de poésie et le rapproche complètement des narrateurs.

Bref, vous l’aurez compris, le roman de Mary SHELLEY m’a beaucoup séduite par son style d’écriture, son réalisme et ses pistes de réflexion. Il est bien plus étoffé que l’idée de départ ne le laisse supposer. Si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à faire le détour, il vaut le coup d’oeil.

Note 5/5♥

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