Les Animaux Célèbres de Michel Pastoureau

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Quatrième de couverture : 

Longtemps délaissé par les historiens, l’animal est désormais un objet d’études à part entière. Envisagé dans ses rapports avec l’homme, il nous apprend mille choses sur la société, l’économie, la culture, la vie religieuse et symbolique. Michel Pastoureau a choisi ici quarante animaux célèbres. Certains ont réellement existé (les éléphants d’Hannibal, la bête du Gévaudan), d’autres sont empruntés à la Bible (la baleine de Jonas), à la mythologie (le Minautore), d’autres encore à la littérature ou à la réalité de notre monde, et ce jusqu’au monstre du loch Ness ou Dolly, la brebis clonée.

Editeur : Arléa

Nombre de pages : 330

Prix : 10,00€

Mon Avis :

C’est à l’occasion des Quais du Polar 2017, à Lyon, que j’ai eu la chance de rencontrer Michel Pastoureau. J’y tenais vraiment car lorsque j’étais sur les bancs de la fac d’histoire, il était incontournable. En effet, il a fait partie de la nouvelle vague des historiens qui dès les années 70, se sont penchés sur de nouveaux champs de recherche. Exit l’Histoire avec un grand H, celle des grands Hommes et des dates importantes marquées par la politique et le fait militaire! Au contraire, ces historiens se sont intéressés à des sujets plus spécifiques et novateurs. Ainsi, Michel Pastoureau a étudié l’Histoire des Symboles au Moyen Age, aux Animaux et aux Couleurs. Sur ce dernier sujet, j’avais d’ailleurs déjà lu et chroniqué Bleu, Histoire d’une couleur et Le petit livre des couleurs, révélés tout deux passionnants!

Je me souviens encore des difficultés que j’ai rencontrées, à la fin des années 1960, à l’Ecole des Chartes, pour faire admettre un sujet de thèse portant sur le bestiaire médiéval. Mes maîtres, qui pourtant m’aimaient bien, jugeaient un tel sujet futile parce qu’il portait sur les animaux, c’est-à-dire sur des acteurs qui n’avaient rien à faire sur le devant de la scène historique. (P. 9)

Dans cet ouvrage, Michel Pastoureau aborde une quarantaine d’animaux sur une période vaste allant du bestiaire des Grottes de Lascaux en 17000 avant J.-C., en passant par les récits bibliques jusqu’en 1996, avec le clonage de la brebis Dolly. Chaque chapitre est court (moins d’une dizaine de pages) et se compose de deux parties : l’une explique le sujet et son contexte tandis que la seconde éclaire le lecteur sur son interprétation et la symbolique de l’animal. Les périodes abordées sont relativement bien équilibrées avec 12 animaux dans la période préhistorique et antique, 8 dans la période médiévale, 7 dans la période moderne et 9 dans la période contemporaine.

Tout comme dans les deux ouvrages précédemment cités, les Animaux Célèbres possède une écriture de bonne qualité avec un style fluide et pédagogique qui ravira autant les historiens expérimentés que les novices. L’ouvrage est également passionnant : si certains animaux sont connus comme la Louve de Rome ou la Bête du Gévaudan, d’autres au contraire, le sont beaucoup moins comme l’éléphant de St Louis ou la girafe de Charles X. L’auteur distille dans chaque chapitre des mines d’informations : saviez-vous par exemple que l’éléphant de Charlemagne, reçu en cadeau, avait été un évènement qui avait attiré les foules? Que le Prince Philippe, fils du Roi Louis VI le Gros avait été tué à l’âge de quinze ans en tombant de son cheval à cause d’un cochon? Que le chien, honnit dans l’Antiquité, est revenu en odeur de sainteté seulement à la Renaissance? Que la Bête du Gévaudan avait tué cent trente personnes en trois ans et blessé soixante-dix autres? Que la chienne Laïka avait succombé à son expédition dans l’espace en manquant d’oxygène?

En conclusion, Les Animaux Célèbres de Michel Pastoureau a été une lecture passionnante et un véritable coup de coeur! Je vous invite tous à lire un jour un de ses ouvrages même si certains n’aiment pas particulièrement l’Histoire ou si d’autres débutent, je tiens à les rassurer, c’est très abordable!

Note 5/5♥

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8 réflexions sur “Les Animaux Célèbres de Michel Pastoureau

  1. Il revient d’abord sur le contexte historique et explique la symbolique ensuite. Il insiste beaucoup sur le fait que les animaux imaginaires comme le dragon ou le monstre du loch Ness, doivent être abordés comme des « sujets normaux » puisqu’ils concernent les croyances d’une époque.

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